Traverse à Cacouna : confusion concernant la pouponnière des bélugas
Publié le 12 juin 2026 à 15:57, modifié le 12 juin 2026 à 16:53
Par: Megan Maltais
On revient sur le déménagement de la traverse à Rivière-du-Loup. Lors de la consultation citoyenne effectuée par la STQ la semaine dernière, plusieurs citoyens avaient partagé leurs préoccupations concernant les bélugas. Plusieurs ont été surpris d’apprendre qu’il n’y avait pas de pouponnière à Cacouna.
L’impact du trafic maritime sur la population des bélugas a souvent été dénoncé haut et fort. Jean D’Amour, qui était à l’époque ministre responsable de la stratégie maritime libérale, peut en témoigner.
« Aujourd’hui, ce qui m’étonne beaucoup c’est qu’à une époque un bateau de plus à Cacouna était un bateau de trop et là on va en ajouter environ 1 500 par année. Ç’a l’air que ce n’est pas de trop. Je m’interroge beaucoup. Il y avait une pouponnière, il y en a plus, là il y a en a, qui dit vrai là-dedans? Ce qui m’étonne, c’est le silence de ceux qui défendaient à l’époque les bélugas. Où sont-ils? Que font-ils? Pourquoi ont-ils changé d’idée? Ce n’est quand même pas rien. »
Plusieurs projets abandonnés
Des projets de port pétrolier, de port industriel, de terminal méthanier et même un projet de cale sèche ont été abandonnés. « Il a été démontré que la circulation maritime constitue une source de dérangement considérable pour les bélugas, notamment dans les premières semaines de vie des jeunes baleines », c’est ce qu’on peut lire dans un article d’Accès Saint-Laurent-Beauport publié le 16 juin 2016.
« Ç’a toujours été une préoccupation. Chaque fois que l’on parle de Cacouna, ça venait avec le mot béluga. Et là, tout à coup, il faut faire parler la science! Selon nos études, nos analyses, il n’y a pas de problème. Tu aurais dû analyser avant mon ami, tu aurais su de quoi tu parlais », affirme Jean D’Amour.
Des impacts importants
En juillet 2015, le site Baleines en direct, une réalisation du Groupe de recherche et d’éducation sur les mammifères marins, affirmait que la pouponnière à Cacouna « fait partie de l’habitat essentiel du béluga » et que « le bruit des navires et le risque de collisions augmenteraient avec le trafic maritime. Ils seraient une source de dérangement dans la pouponnière, pouvant créer des situations de stress et de séparations temporaires ou prolongées des bébés bélugas avec leur mère ».
Mais, quand il est question du déménagement de la traverse, le directeur du GREMM a un tout autre discours… « Il n’y a rien dans le comportement des bélugas qui ressemblent en quelque sorte à une pouponnière. Moi, j’ai toujours évité le mot pouponnière pour Cacouna. Cacouna n’est pas une pouponnière, mais c’est un habitat extrêmement important pour les bélugas », a affirmé Robert Michaud sur nos ondes la semaine dernière.
Divergence d’opinions
Des propos qui en fait sourciller plus d’un, dont le Grand Chef de la Première Nation Wolastoqiyik Wahsipekuk, qui vient de construire un observatoire de bélugas à cet endroit.
« C’est totalement faux. La ressource est là. Il ne faut pas dire n’importe quoi là-dessus. Les mammifères marins sont là et ce qu’il faut c’est de trouver des techniques pour mieux connaître le fleuve et ses habitants et être capable de travailler avec eux tout en protégeant la ressource du mieux possible », assure Jacques Tremblay.
Le constat est le même pour le président du comité de coordination du parc marin Saguenay—Saint-Laurent. Émilien Pelletier n’est pas prêt à utiliser le terme pouponnière, mais affirme que Cacouna est un endroit convoité par les bélugas pendant la période des naissances.
« Le terme est un peu un terme populaire. Ça reste que c’est une zone de fréquentation, ça c’est certain. Le bateau qui faire l’aller-retour 3-4-5-6 fois par jour, écoute, personne ne va réussir à me convaincre que ça va baisser la pression. Ça ne va certainement pas la baiser. Ils se rapprochent des zones très occupées, par juste des bélugas, des autres baleines aussi. »
Plusieurs manifestations ont déjà été organisées… Mais aujourd’hui, c’est silence radio de la part de plusieurs groupes environnementaux. Notre équipe a contacté notamment Équiterre, Québec Nature et le Conseil régional de l’environnement du Bas-Saint-Laurent. Ils nous ont tous redirigés vers le GREMM.