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Transport ambulancier au N-B : une octogénaire et sa famille laissées à elles-mêmes

Publié le 14 janvier 2020 à 19:34, modifié le 15 janvier 2020 à 09:22

Par: Raphael Brouillette

Une octogénaire d’Edmundston, qui devait se rendre au CHRGP de Rivière-du-Loup pour une intervention chirurgicale, s’est butée au manque de service ambulancier au Nouveau-Brunswick. Sa fille a dû se débrouiller seule pour organiser le transport. Une situation qu’elle juge inacceptable.

2020 commence mal pour Lise Durette-Lang et sa mère Rina, 82 ans. Le 5 janvier dernier, cette dernière a été admise à l’hôpital d’Edmundston pour un problème abdominal. Deux jours plus tard, son médecin lui annonce qu’elle devra subir une intervention chirurgicale le 9 janvier au CHRGP de Rivière-du-Loup. Sa fille, qui est infirmière de formation, demande alors un transport en ambulance. « Techniquement c’était un cas d’ambulance en raison des tubes qu’elle avait, sa condition, les médicaments qu’elle recevait et les douleurs».

À sa grande surprise, on lui apprend que de nouvelles règles sont en place et qu’un nouveau protocole limite le nombre de transports « non urgents » à un par jour, par centre hospitalier. On lui annonce donc qu’elle devra elle-même transporter sa mère à Rivière-du-Loup, ce qu’elle accepte initialement.

Or, la condition médicale de la patiente se détériore la journée avant son opération, ce qui vient rendre son déplacement à bord  d’un véhicule normal plus dangereux. La dame avait un teint jaunâtre et des étourdissements.

Lise Durette-Lang se plaint à l’hôpital, mais on lui répond que la décision revient à Ambulance NB. Le service ambulancier rétorque alors que le transport de la journée est déjà attribué et qu’elle doit demander à ce que sa mère ait priorité sur le patient déjà planifié.

Comme madame Durette a eu des ennuis de santé semblables par le passé, il n’était pas question pour la famille de repousser l’opération, mais elle ne voulait pas priver un autre patient de ce précieux service en le dépassant sur la liste. « Ma seule option si je ne voulais pas que ma mère manque son rendez-vous donc que sa condition se détériore, c’était vraiment de la transporter moi-même. Jusqu’à temps que je réalise que ce n’était pas un cas que je pouvais transporter dans une voiture et qu’elle n’était pas capable ».

Devant l’impossibilité de louer une ambulance dans la province et l’absence de solution de rechange, la famille a dû trouver une autre option. Elle s’est tournée vers un transport adapté à un coût estimé entre 800 et 1000 $.

Une publication Facebook qui fait écho.

La dame a publié un message Facebook ce dimanche pour dénoncer la situation. Près de 500 personnes l’ont partagé et plusieurs l’ont contacté avec des histoires semblables à celle de sa mère.

« J’ai même une dame que son mari attendait pour une coronarographie pour aller à Québec et l’attente a duré trois semaines. Entre temps il a subi un deuxième infarctus ».

Ambulance Nouveau-Brunswick nie

Ambulance Nouveau-Brunswick, qui va enquêter sur le dossier, nie catégoriquement avoir ce type de politique. Un nouveau système de triage est toutefois en place depuis 2018. Selon Michel Gravel, directeur du centre de répartition la méthode utilisée auparavant manquait de structure.  « Le système de triage maintenant est basé sur la condition des patients. Avant ça ne dérangeait pas et l’un pouvait passer devant l’autre ». Il soutient qu’il n’y a pas de limitation pour le transport de patients, mais qu’une évaluation plus serrée du triage est en place.

Le député de l’opposition et critique en matière de santé  Jean-Claude D’Amours a réagi en fin de journée et a demandé la fin de ce protocole de limitation des transports.

De son côté, madame Durette-Lang souhaite que l’opérateur se munisse d’un plan B pour s’assurer qu’aucune vie ne soit mise en danger par le manque de service ambulancier.