Système de santé: Une femme dénonce la lourdeur administrative
Publié le 12 juillet 2024 à 17:11, modifié le 15 juillet 2024 à 12:32
Par: CIMTCHAU
Une dame de Rivière-du-Loup dénonce la lourdeur du système de santé, surtout pour les aînés avec des troubles cognitifs. Sa mère a dû souvent changer d’établissements. Comme bien des personnes âgées, elle se retrouvera déracinée de son milieu.
Jeannine Roy a passé son 86e anniversaire à l’hôpital, faute de place dans un CHSLD pour recevoir des soins de longue durée. Elle a changé à plusieurs reprises de résidence dans les dernières années. Sa fille est exténuée.
« Ma mère, ça fait 3 semaines qu’elle est à l’hôpital et qu’elle est promenée d’un bord puis de l’autre », a dit Josée Vaillancourt, fille de Jeannine Roy.
La dame est en perte d’autonomie physique et cognitive depuis quelques années.
« Les personne âgés, quand elles rentrent à l’hôpital, surtout un déficit cognitif, ellles ne sont pas considérées comme une personne. C’est un cas. Ensuite elles sont transférées à une étage supérieure, soit en chirurgie ou en pédiatrie par exemple, ce qui ne correspond pas à leur condition. Et là, il y a un changement de chambre de une à l’autre. Moi, depuis 3 à 4 jours, ma mère, je l’ai comme un peu retrouvée. Mais ça va se perdre. Cet après-midi, elle va être déboussolée, encore », déplore la femme qui désire un système de santé « plus humain ».
Elle sera déboussolée parce qu’elle a obtenu son congé ce midi et a pris un transport adapté vers un CHSLD. Son nouveau chez-soi temporaire sera cependant loin de sa fille.
«Il y a des ailes de disponibles au CHSLD des Chauffailles, à la Maison des Aînés, mais ma mère tantôt on l’envoie à Saint-Pacôme. Depuis 3 semaines, je suis là 2 fois par jour avec elle. Le midi et le soir. Je ne pourrais pas être là tout le temps. Elle se souvient encore de moi, mais pour combien de temps? Je crains qu’elle m’oublie un petit peu plus. Moi, ma mère c’était mon amie. Là, j’ai perdu mon amie il y a quelques années. Mais j’ai encore ma mère. J’aimerais ça lui fermer les yeux » a dit Josée Vaillancourt, les trémolos dans la voix.
Une situation commune
Josée Vaillancourt et sa mère sont loin d’être les seules dans cette situation.
«On voit des cas partout et on entend parler des gens qui disent, c’est comme ça pour ma mère, mon père aussi. Va falloir que quelqu’un ait des couilles et se lève », estime Josée Vaillancourt.
L’octogénaire sera à Saint-Pacôme pour 30 jours. Elle pourrait revenir à Rivière-du-Loup, dans son ancienne résidence pour ainés ou dans un CHSLD, ce qui impliquerait un autre déménagement.
«C’est quoi qui se passe dans notre système? Qu’est-ce qu’on fait? Ça aucun bon sens. Va falloir qu’un moment donné on se réveille. Ça fait des années que ça dure. Ma belle-mère est passée par là il y a eu 8 ans et ça a été la même chose chose. Il n’y a vraiment rien qui s’est amélioré », se désole la fille de Jeannine Roy, impuissante face au système de santé.
Au Bas-Saint-Laurent, en date d’hier, ce sont 51 autres patients de niveau de soins alternatifs qui sont à l’hôpital, en attente d’une place temporaire en CHSLD.