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Sentiers de motoneige sauvés, mais le conflit du bois de sciage perdure dans Côte-du-Sud

Publié le 5 février 2025 à 17:42, modifié le 5 février 2025 à 17:50

Par: Ariane Boyer

Après plusieurs semaines d’incertitude, les motoneigistes de la Côte-du-Sud peuvent finalement souffler. Les propriétaires de boisés privés ont accepté de lever la révocation du droit de passage, assurant ainsi l’ouverture des sentiers pour cinq mois supplémentaires. Une décision qui soulage les commerces de la région, mais qui n’efface pas les tensions entourant la gestion du bois de sciage.

Un différend sur la mise en marché du bois

Depuis plusieurs années, des producteurs forestiers contestent le système actuel qui leur impose de vendre exclusivement par l’entremise du Syndicat des producteurs de bois de la Côte-du-Sud. Celui-ci contrôle 100 % de la mise en marché du bois de sciage, une obligation que plusieurs producteurs jugent contraignante et défavorable à leurs intérêts économiques.

Face à ces revendications, la Régie des marchés agricoles et alimentaires du Québec a décidé de reporter sa décision au 1er juillet 2025, afin d’évaluer un projet pilote de mise en marché volontaire lancé à la fin janvier. Pierre Lemieux, président du Syndicat des producteurs de bois de la Côte-du-Sud, exprime sa déception face à ce report.

Un impact économique majeur

Pendant que le débat sur la gestion du bois se poursuit, la réouverture des sentiers de motoneige apporte un répit bienvenu aux commerces locaux. Normand Caron, maire de Saint-Jean-Port-Joli, souligne : « De pouvoir maintenir une industrie où le milieu a beaucoup investi, et souvent cette industrie permet la pérennité de plusieurs commerces de proximité dans certains petits villages. »

Une opportunité pour les producteurs

Pour plusieurs producteurs forestiers, la décision de la Régie représente une occasion de renégocier les règles de mise en marché. Le groupement forestier du Grand-Portage a d’ailleurs soumis une nouvelle convention au Syndicat des producteurs de bois de la Côte-du-Sud. David Chouinard, directeur général du groupement, précise : « Ça me lève vraiment beaucoup d’incertitudes avec nos entrepreneurs forestiers, nos transporteurs. Je sentais beaucoup de gens qui avaient peur. » Il ajoute : « Nous avons émis une nouvelle convention qui est entre les mains du Syndicat. Le but de cette nouvelle convention-là a été fait en harmonie avec tous les secteurs forestiers. »

Des tensions persistantes

Malgré cette proposition, le Syndicat des producteurs de bois de la Côte-du-Sud demeure prudent quant aux intentions des producteurs forestiers et soulève des préoccupations quant à la transparence du secteur. Pierre Lemieux estime : « La Régie des marchés agricoles, dans sa décision, souligne que le plus gros problème dans le secteur forestier, c’est le manque de transparence. »

Il évoque également de possibles conflits d’intérêts au sein des regroupements forestiers, notamment en raison de leur implication dans la transformation du bois via des moulins à scie. Selon lui : « Il y a des regroupements forestiers qui sont propriétaires de moulins à scie ou actionnaires de moulins à scie. Donc, quand on est propriétaire et qu’on est représenté par le CIFQ (Conseil de l’industrie forestière du Québec), est-ce qu’on est capable de représenter les producteurs aussi? Est-ce qu’on peut dire qu’on représente les producteurs? On peut se poser la question! »

Une décision attendue en juillet

Le projet pilote de mise en marché volontaire est en place depuis le 28 janvier 2025 et son efficacité sera évaluée le 1er juillet. D’ici là, les motoneigistes peuvent profiter des sentiers, mais le débat sur la gestion du bois de sciage continue de diviser les acteurs de l’industrie.