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 Sacré-Cœur à vendre : une campagne pour dénoncer le décret sur le caribou

Publié le 21 août 2024 à 17:23, modifié le 22 août 2024 à 11:31

Par: Jérôme Gagnon

Sacré-Cœur s’inquiète pour son avenir. Le décret d’urgence émis par le gouvernement fédéral sur la protection du caribou forestier entraînerait inévitablement la fermeture de l’usine de Boisaco. Une campagne de sensibilisation a été lancée. Des panneaux récemment installés retiennent l’attention.

 

La municipalité de Sacré-Cœur, sur la Haute-Côte-Nord, se serre les coudes pour assurer sa survie en ciblant le ministre fédéral de l’Environnement. Lundi, deux coopératives de travailleurs liées à l’usine Boisaco ont mis en place une vingtaine de pancartes dans le cadre d’une campagne de sensibilisation. Sur celles-ci, on peut y lire : le village est à vendre. Une photo du ministre de l’Environnement, Steven Guilbeault, le désigne comme l’agent d’immeuble à contacter.

Ces panneaux ont pour mission d’attirer l’attention. Or, ils transmettent également une grande inquiétude bien présente, explique la présidente de la Coopérative des travailleurs forestiers de Sainte-Marguerite (COFOR), Vicky Savard.

« En 1984, nos travailleurs se sont tenus debout pour sauver leur scierie et ont fondé COFOR et UNISACO. 40 ans plus tard, nous sommes toujours debout et déterminés à conserver ce que nous avons bâti à la sueur de notre front », indique-t-elle.

Boisaco estime perdre plus de 50 % de ses possibilités forestières si le gouvernement fédéral adopte le décret proposé par le ministre. Une telle action menacerait 600 emplois sur la Haute-Côte-Nord.

« La campagne lancée, nous l’avons accueillie très favorablement. Les gens du milieu sont là et ils réalisent à quel point ça peut être catastrophique », indique le président de Boisaco, Steeve St-Gelais.

Rencontrée mercredi, la mairesse de Sacré-Coeur, Lise Boulianne, supporte également la récente initiative.

« C’est 70 % de notre population qui travaille à Boisaco », alerte-t-elle.

L’élue, qui dit travailler fort dans ce dossier, reconnaît l’importance de protéger le caribou forestier, mais invite le ministre Guilbeault à considérer l’aspect humain.

« Une population de 230 caribous versus une population de 1 800 habitants à Sacré-Cœur, où est le gros bon sens », insiste cette dernière

Sans réponse d’Ottawa

Mme Boulianne invite également le milieu politique à se déplacer à Sacré-Coeur afin de rassurer ses citoyens particulièrement préoccupés. À Boisaco, les appels et courriels pour une rencontre avec le ministre sont pour le moment demeurés sans réponse.

« Je dirais que ce n’est pas très encourageant. Après sept lettres ouvertes qui ont été envoyées au Premier ministre. Nous n’avons reçu aucun retour officiel et aucun message d’encouragement, vous comprendrez qu’on est très inquiet », mentionne le président de l’usine de sciage.

Le chef du Parti conservateur du Canada, Pierre Poilievre, s’est rendu lundi à Sacré-Coeur. La visite de l’élu a été bien accueillie. Il a accordé son soutien aux dirigeants et travailleurs.

Notons que l’entreprise de Sacré-Coeur a été invitée à témoigner à la Chambre des Communes lundi prochain dans le cadre des consultations toujours en cours. Elle ne compte pas baisser les bras et se battre jusqu’au bout pour le maintien de la coopérative.