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Report des tarifs : un répit amer pour les entreprises du Bas-Saint-Laurent

Publié le 4 février 2025 à 17:37, modifié le 4 février 2025 à 17:39

Par: CIMTCHAU

Les entreprises du Bas-Saint-Laurent se retrouvent une fois de plus dans l’incertitude. Le président des États-Unis, Donald Trump, a accordé un délai supplémentaire de 30 jours avant d’imposer les mesures tarifaires initialement prévues. Une décision qui bouleverse les plans des entrepreneurs de la région, déjà sous pression.

Un report qui chamboule tout

Jusqu’à hier, 16 heures, plusieurs entreprises du Bas-Saint-Laurent avaient un plan d’action bien établi pour faire face à l’imposition des tarifs américains. Mais avec cette annonce de dernière minute, tout est remis en question. « Mais sincèrement… on est tous dans le néant », affirme Sylvie Vignet, directrice générale de Toyota Rivière-du-Loup.

Les entreprises de la région, qui craignent une augmentation des coûts et des pertes financières, restent en attente des prochaines décisions de Washington. Claudette Migneault, présidente-directrice générale de la Chambre de commerce de la MRC de Rivière-du-Loup, exprime son inquiétude : « On peut s’attendre à tout. »

Des secteurs clés menacés

Bois, acériculture, tourbe, automobile… autant de secteurs cruciaux pour l’économie du Bas-Saint-Laurent qui sont suspendus aux décisions américaines. L’incertitude actuelle aura des répercussions majeures. « À court terme, on peut voir les ralentissements des chaînes de production et éventuellement des pertes d’emploi pour notre région », prévient Claudette Migneault.

 

Dans l’industrie automobile, les conséquences pourraient être majeures. Un véhicule peut traverser jusqu’à huit fois la frontière avant d’être vendu. Avec de nouvelles taxes, le prix des pièces grimpera, ce qui affectera directement les consommateurs. « Il y en a qui viennent des États-Unis, du Mexique, du Brésil, du Japon… Tout le monde est en train de se demander : qu’est-ce qu’on fait ce matin avec ça ? » souligne Sylvie Vignet.

Rester aux aguets et diversifier les marchés

Pour le moment, la directrice de la Chambre de commerce, Claudette Migneault, invite les entrepreneurs à la prudence. « Premièrement, je pense que c’est important de ne pas agir trop rapidement, de prendre un peu de recul. Parce qu’il n’y a personne qui sait où ça va se diriger », conseille Claudette Migneault.

Une des solutions envisagées est la diversification des marchés, mais cela représente un défi important.. « Il faut renforcer nos relations avec l’Asie, avec l’Union européenne, ou d’autres marchés émergents comme l’Afrique ou le Moyen-Orient », explique Steeve Kanema, commissaire à l’exportation chez Innov & Export PME.

Une crise qui ne fait que commencer ?

Pour plusieurs experts, cette crise commerciale entre le Canada et les États-Unis ne s’arrêtera pas de sitôt. « Ce n’est pas encore terminé, ce n’est que le début », estime Claudette Migneault.

Dans ce climat d’incertitude, les entreprises se doivent d’être proactives. « Tout le monde essaie de trouver des solutions, mais il va falloir y penser sur le long terme, parce que ça n’arrêtera pas demain matin », conclut Sylvie Vignet.