Rapport du coroner d’un travailleur électrocuté: plusieurs recommandations émises
Publié le 5 septembre 2025 à 17:24, modifié le 5 septembre 2025 à 17:24
Par: Jasmin Guillemette
La coroner a publié son rapport concernant le décès d’un électricien de la région de l’Islet. Marc-Antoine Pelletier a été électrocuté accidentellement l’été dernier à Saint-Pamphile. Un drame qui est toujours difficile à expliquer.
Ce rapport relate la mort tragique de l’homme de 32 ans, sur le site d’une station de pompage de la municipalité de Saint-Pamphile. Vers 14h20 le 3 juin 2024, il a subi un choc de quelques secondes, alors qu’il manipulait des fils électriques avec ses deux mains. Marc-Antoine Pelletier a été électrocuté juste ici. Selon la coroner, la tension des installations électriques était toujours ouvertes.
« La broue a sorti, indique Linda, qui a adressé des premiers soins. Les premiers répondants sont arrivés. On s’est enlevé de là. Eux avec le masque, ils ont essayé, mais on imagine qu’il n’y avait rien à faire. »
La voisine de la station de pompage a rapidement tenté de porter secours à l’apprenti électricien qui accompagnait Marc-Antoine Pelletier.« Le jeune homme était déjà en action avec le 911. Il lui indiquait tout quoi faire. C’est sûr que ça a été une journée marquante pour tout le monde de la paroisse. Une petite paroisse, ça a amené beaucoup de monde dans la rue. Beaucoup de questions se sont posées aussi », nous mentionne-t-elle plus d’un an après les événements.
Ces questions ont tenté d’être répondues par la coroner, mais elle n’a pas pu expliquer avec certitude pourquoi l’homme a effectué les travaux sans mettre hors tensions les installations électriques. Les proches de Marc-Antoine Pelletier mentionnent qu’il était un électricien prudent et qu’il travaillait en électricité depuis 13 ans.
Deux hypothèses
D’abord, le mat de l’interrupteur principal n’était pas fixé sur le réseau d’Hydro-Québec, mais un branchement temporaire avait été installé à l’intérieur de la station. La victime n’avait pas vérifié avant les travaux, selon la coroner. Autre hypothèse, quelques jours avant les travaux, Marc-Antoine Pelletier avait été sur les lieux avec son employeur. Un cadenas avait été installé sur le boîtier des fils par lesquels il a été électrocuté, mais lors des travaux, le dispositif de sécurité avait été coupé et était absent. Est-ce que la présence d’un cadenas aurait pu soulever un doute sur la présence de tension ? C’est ce que se pose Me East-Richard.
« Habituellement, la première affaire c’est de couper le courant. Il faut jamais travailler sur de la tension », explique Steve Terriault, électricien dans la Côte-du-Sud.
Des recommandations ont été émises au ministère de l’Éducation, à la Commission de la construction du Québec et à la CNESST. La coroner responsable demande à ce qu’une formation et qu’une révision des compétences du contrôle des énergies soit effectuée dans les centres de formation afin de sensibiliser aux dangers d’électrisation. Un outil indiquant les mesures à prendre pour contrôler les énergies avant de travailler avec l’électricité pourrait aussi être instauré.
D’ailleurs, la CNESST a recommandé que le rapport d’enquête soit diffusé dans les établissements de formation afin d’informer les étudiants des risques et des mesures de prévention.