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Quand la compassion n’est pas au rendez-vous

Publié le 27 août 2020 à 16:54, modifié le 27 août 2020 à 16:54

Par: CIMTCHAU

Une femme de Charlevoix déplore un manque de compassion. Son père de 68 ans obtiendra l’aide à mourir demain matin à l’hôpital de La Malbaie. Impossible toutefois pour ses proches de lui faire ses adieux. Malgré l’autorisation du médecin, plusieurs n’ont pu lui rendre visite, dû aux restrictions de la Covid-19.

Maurice Tremblay a subi beaucoup d’épreuves, dans les derniers mois. Après une opération due à un cancer au cerveau, le sexagénaire a subi des complications qui l’ont obligé à demeurer dans les hôpitaux du CIUSSS de la Capitale Nationale, en isolement, pendant la Covid-19.

Virginie Tremblay, sa fille, explique: « Il a eu beaucoup de complications, il a paralysé d’un côté |…| Son cancer était réglé à 99,9 % excepté que dans son cerveau, quand ils ont fait la radiothérapie, |…| il y a eu trois choses dans son cervelet qui ont éclaté…»

Même s’il a toutes ses facultés mentales, le père de Virginie Tremblay n’a plus la force physique pour continuer à vivre. Il a donc décidé de demander l’aide médicale à mourir à l’hôpital de La Malbaie.

« Puis là il nous a dit : le 24. J’ai choisi ma date. Ça va être le 24. |…|Il fallait qu’il voit deux docteurs, le deuxième docteur a dit que légalement il devait attendre 10 jours. C’était jusqu’au 28 août.|…|C’est à 9h30 que ça va se passer. », dit-elle.

Pendant deux semaines, la jeune femme a tenté, par tous les moyens, de trouver une solution aux restrictions des visites, à l’étage des soins palliatifs. Mais en vain. « Cette semaine, j’essaie au moins de lui faire voir sa famille, ceux qui veulent le voir pour lui dire adieu. C’est l’enfer, j’ai le droit à 4 visiteurs par jour, |…| comme là, avant-hier, le curé est venu. Ben le curé a compté comme une visite pour 5 minutes. J’ai voulu faire rentrer mon fils le soir, puis on m’a dit non, il y a eu 4 visites dans la journée, c’est non. »

Elle reproche le manque de communication et trouve inhumain qu’aucune solution alternative ne soit pas offerte aux proches lors de décès. « Que ça s’assouplisse au moins pour ceux-là qui décèdent puis qu’ils savent qu’ils vont décéder. Les autres personnes je peux comprendre avec la Covid, il faut faire attention, oui. Mais lorsqu’il y a un décès, c’est normal que la personne parte avec dignité et qu’elle voit tout le monde et qu’elle dise au revoir à tout le monde.»

L’homme poussera son dernier souffle demain matin, au côté de sa conjointe et de sa fille. Cette dernière espère que personne n’aura à vivre ce que sa famille a subi.