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Projet de loi 95 : vers la fin de l’autonomie des CPE régionaux?

Publié le 4 avril 2025 à 17:19, modifié le 4 avril 2025 à 18:37

Par: Ariane Boyer

Le gouvernement du Québec veut centraliser la gestion des listes d’attente des CPE avec une plateforme web. L’objectif est de simplifier le processus, mais Denis Blais, directeur du CPE Les Calinours, n’y croit pas. Il craint que les parents se retrouvent devant la « tour de Babel » du ministère de la Famille pour obtenir une place en garderie.

« Maintenant avec le projet de loi 95, qu’on vous dire, c’est que le ministère va s’occuper de ça, votre bon ministère va s’occuper de tout cela. Faites-nous confiance, vous allez voir, ça va bien aller », ironise Denis Blais.

Le projet de loi prévoit également une politique d’admission uniforme pour s’assurer qu’aucun enfant n’obtienne une place selon sa langue, sa culture ou sa religion.

« On sait qu’à Montréal, dans les grandes régions, il y a des CPE qui réservent de la clientèle à des allégeances religieuses. Dans une société qui est laïque, on ne veut pas cela. Et ça, on le comprend très bien, on n’a aucun problème avec ça », dit-il.

Pourtant, Denis Blais soutient que les critères actuels sont déjà clairs, avec des priorités établies pour les enfants du personnel, les fratries et les enfants ayant des besoins particuliers.

Il se montre aussi inquiet quant à la fiabilité de la future plateforme informatique.

« C’est sûr qu’on a des craintes, comme je vous ai dit, avec le fiasco de SAAQclic. Au niveau de l’informatique, on n’a pas une grosse moyenne au bâton au gouvernement quand vient le temps de mettre en opération des systèmes informatiques », affirme-t-il.

Actuellement, au CPE Les Calinours, les familles ont 24 heures pour accepter ou refuser une place. Le ministère envisagerait d’accorder un délai de sept jours. La plateforme devra afficher les places disponibles en temps réel, ce que le CPE fait déjà par téléphone. 

« C’est clair, net et précis qu’il va y avoir des délais. Pendant qu’on a tous ces délais-là, je n’aurai pas de subvention », ajoute-t-il.

Le projet de loi modifie également la manière de prioriser les demandes. Désormais, la priorité sera accordée selon la résidence des parents. Une mesure qui pourrait nuire aux familles en région. Par exemple, une famille qui vit à Pakington mais travaille à Cabano ne serait prioritaire que si l’employeur a une entente avec le CPE.

« Si vous voulez vous assurer que les critères soient respectés, mettez des méthodes, des processus de vérification et faites-les respecter. On peut être autonome là-dedans, pas obligé de centraliser à Québec », conclut Denis Blais.

La mise en service de la plateforme est prévue pour l’automne 2025.