Production ovine : un parasite invisible qui inquiète
Publié le 10 mars 2026 à 16:23, modifié le 10 mars 2026 à 16:30
Par: Megan Maltais
Situation préoccupante pour les producteurs de moutons du Bas-Saint-Laurent. Certaines bêtes de leur troupeau sont atteintes d’une infection difficile à détecter. C’est causé par un parasite, qui est transmis par les excréments de canidés, notamment de coyotes.
La myosite éosinophilique est un parasite invisible cause une inflammation musculaire et provoque des lésions verdâtres dans les muscles. Et il n’y a aucun moyen de détecter l’infection lorsque l’animal est en vie.
« C’est au moment de l’abattage, lorsque l’inspecteur regarde les carcasses qu’il voit le problème et qu’il condamne à ce moment-là la carcasse. C’est une perte nette pour l’éleveur », explique le président du Syndicat des producteurs ovins du Bas-Saint-Laurent, Alexandre Anctil.
Chez le mouton, le parasite est transmis par la déjection des coyotes qui contaminent les champs, et par le fait même, son alimentation. « Et c’est d’autant plus frustrant et choquant que malgré toutes les bonnes pratiques qu’on peut avoir, que ce soit à la ferme ou au champ, il y a aucune façon de voir la maladie, de la guérir et de la prévenir. »
Pertes financières
La principale inquiétude des producteurs, c’est la perte financière qui est importante. « Un agneau, ça tourne autour de 500$. Imaginez que vous envoyez 10 agneaux et qu’il y en a 4 qui sont condamnés. Imaginez, 40% de ton revenu de cette semaine-là qui disparaît et tu ne peux rien faire. C’est très difficile à gérer »
Le président du Syndicat des producteurs ovins du Bas-Saint-Laurent déplore qu’il n’y ait pas de solution pour éviter la propagation de l’infection.
« On le constate, on le voit. De visu, les coyotes sont de plus en plus présents. Ils sont juste à côté de nous. Quand j’ai commencé, quand on voyait un coyote à côté du tracteur on prenait une photo et on l’envoyait à nos copains. On fait plus ça maintenant, il y en a partout tout le temps », affirme-t-il.
Alexandre Anctil considère que la population de coyotes devra être contrôlée. « Je dis bien contrôler et pas anéantir, mais contrôler la population pour que les seuils demeurent à un niveau raisonnable pour qu’ils causent le moins de problèmes possible. »
Au Québec, il y a près de 112 000 brebis. 35 000 d’entre elles sont situées au Bas-Saint-Laurent.