Prévisions météo
État des routes
Marées
Faire défiler
Faire défiler
Faire défiler

Nouvelles

Processus judiciaire long et pénible : une victime d’agression à caractère sexuel raconte

Publié le 26 août 2024 à 17:16, modifié le 26 août 2024 à 17:24

Par: Catherine Pellerin

Briser le silence pour les victimes d’agression sexuelle est loin d’être facile. CIMT-TVA a obtenu le témoignage d’une jeune femme, qui a pu constater à quel point le processus judiciaire peut être long et douloureux. Elle a accepté de parler à visage caché, étant donné qu’une ordonnance de non-publication protège son identité.

Franchir à plusieurs reprises les portes du palais de justice de Rivière-du-Loup a demandé beaucoup de courage à cette adolescente.

« Je pensais que ça allait vraiment, vraiment, être moins long que ça, je ne pensais pas que ça allait prendre 3 ans non plus. »

Elle a été victime d’une agression à caractère sexuel à l’automne 2021, alors qu’elle avait 14 ans.

« C’est dur. Pas longtemps après, j’ai commencé à me mutiler parce que je n’arrêtais pas d’avoir des flash-back », raconte-t-elle.

« Ça a pris un bon 4-5 mois avant que moi-même je le sache, que je m’en aperçoive. Elle s’enfermait beaucoup dans sa chambre », ajoute sa mère, qui l’a épaulée dans cette épreuve et qui l’a convaincue de porter plainte.

La peur de ne pas être crue était importante. Elle a souvent failli abandonner. À 15 ans, elle a même lâché l’école, étant victime d’intimidation en lien avec son agression.

« Je ne pensais pas qu’il allait être reconnu coupable, parce que je me disais que c’était de ma faute, que ce n’était pas si grave. Mais finalement, maintenant, je reconnais que ce n’était pas de ma faute et que oui c’était grave. »

 

En juin dernier, Sylvain Canuel Guérin a été déclaré coupable de contact sexuel sur une mineure. Quant au chef d’agression sexuelle, il y a eu un arrêt conditionnel des procédures.

« Jamais, jamais, je ne pensais pas que ça allait être aussi long que ça. En plus, ils l’ont fait témoigner deux fois dans une salle, reprendre son témoignage, regarder les vidéos encore, tout le temps de revivre la même histoire…les flash-back, les cauchemars », affirme sa mère.

L’accompagnement qu’elle a reçu du Centre d’aide aux victimes d’actes criminels a été essentiel.

« Le procès, ça a été vraiment, vraiment difficile. L’accusé a eu des versions vraiment différentes. Ma fille, quand elle est sortie de là, elle était dévastée. Elle n’en revenait pas de toutes les menteries qu’il a pu compter sur elle et toutes les fausses histoires. »

Trois ans plus tard

Son agresseur devrait finalement recevoir sa sentence le 23 septembre. Cette étape a été reportée à quelques reprises cet été, notamment parce que l’accusé ne voulait plus être représenté par son avocat.

« On a hâte que justice soit rendue, de mettre ça derrière nous. On est encore là-dedans après plusieurs années. »

Malgré tout ce qu’elle a traversé depuis 3 ans, la jeune femme incite les victimes à dénoncer.

« C’est sûr que c’est dur. Je pense qu’on peut tourner la page, mais ça prend du temps. Même si c’est long, je le dénoncerai de nouveau, pour qu’il ne refasse pas ça à personne d’autre », témoigne la jeune femme, aujourd’hui âgée de 17 ans.

Elle espère que la mise en place au Québec d’un tribunal spécialisé en matière de violence conjugale et sexuelle permettra de faire une véritable différence. Le projet pilote a été annoncé en novembre dernier à Rivière-du-Loup. L’objectif est justement de mieux accompagner les victimes.