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Le plan particulier d’urbanisme divise les conseillers et des résidents de Paspébiac

Publié le 11 février 2026 à 16:57, modifié le 11 février 2026 à 17:11

Par: Patrick Giguère

Le conseil municipal de Paspébiac s’est retrouvé dans une impasse, lundi soir, alors qu’un vote s’est soldé par une égalité de trois contre trois concernant une résolution visant à lancer un appel d’offres pour la conception d’un plan particulier d’urbanisme. Le maire a dû utiliser son droit de vote pour faire passer la résolution.

« Actuellement, le développement commercial de Paspébiac est pris, en quelque sorte, en otage par une poignée de personnes, et ce, au détriment de 3 000 habitants — et au-delà, lorsqu’on considère la région », rappelle Jérémy Laplante.

C’est pour le futur de la collectivité que le plus jeune maire de la province affirme avoir dû prendre position lors de la séance municipale.

« Avec notamment le projet d’épicerie, ce n’est pas tous les jours qu’un promoteur privé cogne à notre porte pour investir de 5 à 10 millions dans notre ville. »

Le secteur visé englobe les terrains vacants et les immeubles situés entre la Banque Nationale et la rue Maldemay, jusqu’à la hauteur de la rue Castilloux.

Le plan proposé permettrait à la Ville d’intervenir en cas de désaccord entre les parties, de négocier et de se doter de pouvoirs d’acquisition d’immeubles.

L’entente sera en premier lieu de gré à gré et, en dernier recours, par expropriation pour faciliter la réalisation de projets d’envergure.

« Ce n’est pas à nous, la Ville, d’essayer de négocier. Et si ça ne marche pas, on peut négocier, mais ça finit là », croit Dany Cyr.

Le conseiller municipal n’est pas contre le développement commercial de la municipalité, mais pas au détriment de ses concitoyens.

« Comme conseiller élu par ces gens-là, je me vois mal leur dire qu’on va les exproprier. Donner cette possibilité, c’est accepter qu’il y ait toujours un risque que ça arrive — et cette partie-là, je ne la veux pas », laisse tomber celui qui est à son premier mandat.

Dans le secteur recherché par les promoteurs, l’idée divise également les citoyens.

C’est le cas de Allen Poirier, qui n’a pas l’intention de se départir de sa résidence familiale, ni du terrain boisé situé derrière chez lui.

« Non du tout, vraiment pas. C’est mon bien et je veux rester ici, je ne suis pas intéressé. Peu importe le prix », indique le résident de la route 132.

La copropriétaire de la maison d’enfance du regretté Gérard-D-Lévesque n’est pas du même avis.

« Une épicerie, un genre de petit centre d’achat, des loyers, des logements pour les personnes âgées… n’importe quoi (…) Ça dépend de l’entente. S’il y a une bonne entente, tout se fera automatiquement », fait savoir Francine Lebrasseur.

Le maire se veut rassurant.

« Ce qu’il faut souligner, c’est que les commerces ne vont pas venir s’installer sur n’importe quel terrain vague ou le premier terrain vague au coin de la rue », assure-t-il. « Ça ne sera pas le Far West de l’expropriation. Je tiens à rassurer les gens », ajoute M. Laplante qui déplore les campagnes de peur qui circulent actuellement.

Le directeur général de la Ville contactera sous peu des firmes d’urbanisme pour obtenir des soumissions.

Le conseil municipal devra ensuite se prononcer par vote pour décider ou non de l’octroi du contrat.