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Perte d’un contrat de 54 M$ et inquiétudes chez Bombardier La Pocatière

Publié le 22 septembre 2020 à 14:48, modifié le 23 septembre 2020 à 10:14

Par: Samy-Nicolas Levesque

L’usine Bombardier Transport à La Pocatière vient de perdre un contrat de 54 millions $ que Via Rail lui avait octroyé en 2018. L’inquiétude est grandissante à l’usine du Kamouraska qui sera bientôt en panne de contrats.

Les travailleurs craignent les conséquences du manque de contrats qui s’annoncent dans les prochains mois lorsque les commandes déjà prévues seront livrées.

« On devrait tomber dans l’usine entre 40 et 60 employés. Au lieu de 420 », ajoute le  président du Syndicat des employés de Bombardier La Pocatière, Claude Michaud.

« Dans le fond, la construction de ce type de voiture là, ça touche à peu près tout le monde dans l’usine. On peut parler des pièces primaires, de l’assemblage, on parle de soudeur, ça touche vraiment tout le monde. Donc, le fait d’avoir une fin de contrat comme celui-là, ça implique vraiment beaucoup beaucoup, ça l’a un impact majeur », appuie un employé.

« Le discours du premier ministre Legault est très favorable au Made in Québec, mais il faut maintenant prendre des moyens concrets pour favoriser le plus possible les retombées locales des nombreux contrats de transport en commun qui sont prévus au Québec dans un avenir rapproché. Sans nouveaux contrats locaux, l’usine de La Pocatière et l’ensemble de cette industrie sont menacées à court terme », soutient Louis Bégin, président de la Fédération de l’industrie manufacturière (FIM–CSN).

Ce dernier rappelle que les prolongements du REM et du métro de Montréal de même que les projets de tramways sont autant d’occasions de consolider la position du Québec dans ce secteur d’avenir.

« Il faut donc s’assurer des réelles retombées locales de tous ces contrats publics à venir. Les États-Unis, par exemple, n’hésitent pas à exiger 70 % de contenu local pour ce type de contrats. Pour la ville de Québec, le ministère des Transports a exigé, le 26 février dernier, que l’assemblage et 25 % du contenu des futurs tramways soit canadiens.  Cette façon de faire doit devenir la norme à l’avenir pour éviter les erreurs comme celle du REM qui sera construit en Inde », insiste Claude Michaud, président du Syndicat des employés de Bombardier La Pocatière–CSN.

Selon le syndicat, le premier pas pour permettre de continuer les activités à La Pocatière passe par Montréal, puisque tous les autres contrats n’arriveront pas très rapidement. « Le prolongement du contrat Azur pour le métro de Montréal est essentiel pour éviter de nombreuses pertes d’emplois chez Bombardier dans les prochains mois », soutien Claude Michaud. Ce dernier fait valoir que le remplacement des derniers MR-73 et le prolongement des lignes bleue et orange justifie l’achat de plus de métros Azur. Bombardier précise d’ailleurs que ceux-ci contiennent 85 % de contenu local ! « Des fournisseurs de toute la région comptent sur l’usine de La Pocatière », renchérit Pauline Bélanger, présidente du Conseil central du Bas-Saint-Laurent.

La CSN réclame un nouveau type d’appel d’offres pour les contrats publics. Selon la récente étude de Propulsion Québec présentée par la Chambre de commerce du Montréal métropolitain le 3 septembre dernier, il serait notamment souhaitable que les appels d’offres tiennent compte des projets les plus économiquement avantageux tout au long de leur cycle de vie et pas seulement de leur coût d’acquisition. La qualité et l’impact sur les frais d’entretien, par exemple, pourraient donc faire partie des conditions des nouveaux appels d’offres. Les impacts environnementaux pourraient aussi faire partie de l’évaluation.

Le principal contrat qui occupe actuellement les quelque 500 salariés de Bombardier à La Pocatière est la deuxième commande de voitures Azur pour le métro de Montréal, qui porte sur 17 rames. Les livraisons doivent prendre fin l’an prochain.

Les installations de La Pocatière passeront aux mains d’Alstom au début de 2021.