Pénurie des pharmaciens: toujours difficile de recruter dans les hôpitaux et les pharmacies
Publié le 12 décembre 2025 à 17:40, modifié le 12 décembre 2025 à 17:40
Par: Jasmin Guillemette
La pénurie de pharmaciens dans le réseau de la santé au Bas-Saint-Laurent persiste…. de 20 à 25% des postes ne sont pas comblés. La situation est particulièrement difficile au Kamouraska et au Témiscouata.
Dans le réseau de la santé, les pharmaciens se font de plus en plus rares. 20 à 25% des postes dans ce domaine reste à combler au CISSS du Bas-Saint-Laurent. Une situation qui dure depuis quelques années maintenant. « On peine à avoir suffisamment de ressources pour assurer les services de base », lance François Paradis, chef du département pharmaceutique du CISSS du Bas-Saint-Laurent.
C’est notamment le cas de l’hôpital de Notre-Dame-de-Fatima ici même à La Pocatière, où aucun pharmacien n’est à l’emploi à temps plein. Une rotation de cinq pharmaciens de Rivière-du-Loup vient prêter main-forte à tour de rôle. Trois postes, mais aucun de comblé à ce jour.
« Ça nous donne un bon coup de main, mais ça prendrait trois pharmaciens à l’hôpital de La Pocatière. On a plus de pharmaciens dans notre hôpital depuis que notre pharmacienne a pris sa retraite à la fin de l’été passé », continue la médecin de famille et porte-parole des professionnels de la santé du comité « Mes soins restent ici » du Kamouraska, Marie-Ève Fromentin.
« On n’est pas en mesure d’optimiser la pharmacothérapie et de s’assurer que l’ensemble des médicaments qu’on utilise est au mieux de ce qu’on peut offrir aux patients », mentionne François Paradis.
La situation est stable à Rivière-du-Loup, mais au Témiscouata, seulement deux pharmaciens sont à l’emploi, alors que pour assurer les services de base, il en faudrait quatre.
Selon le chef du département pharmaceutique du CISSS de Bas-Saint-Laurent, il est important de combler ces postes rapidement, notamment pour la distribution et la gestion habituelle des médicaments d’un centre hospitalier, mais encore plus dans les unités de soins, comme les soins intensifs ou encore les CHSLD.
La cause de cette pénurie dans le réseau de la santé selon M. Paradis ? La profession qui devient de moins en moins attirante avec ses quatre années d’études et les 16 mois de maîtrise, alors qu’en pharmacie, seul le doctorat de 4 ans est nécessaire.
« On étudie plus longtemps et finalement la rémunération n’est pas au rendez-vous. Ça, c’est un problème. L’autre problème, il faut faire connaître la profession. Là-dessus, on espère que du côté du ministère de la Santé et de Santé Québec, il va y avoir des mesures pour faire la promotion. […] On ne veut pas patcher. Ça fait trop d’années qu’on essaye de régler avec certaines mesures », explique le chef du département pharmaceutique.
Pour les pharmaciens propriétaires de La Pocatière, le casse-tête est aussi important. Les offres d’emploi demeurent sans réponse.
« Il y a peu de finissants qui viennent s’installer en région. Certains finissants, au lieu de travailler dans les pharmacies à temps plein, font du remplacement, et ça nous empêche de maintenir notre main-d’œuvre », soutient Mathieu Boucher, pharmacien-propriétaire de Brunet à Rivière-du-Loup, La Pocatière et Saint-Jean-Port-Joli.