Pêche au saumon : Remise à l’eau obligatoire dès aujourd’hui
Publié le 5 août 2024 à 11:21, modifié le 5 août 2024 à 16:34
Par: CIMTCHAU
La pêche au saumon a pris une autre tournure pour le reste de la saison. Dès aujourd’hui, toutes les prises devront obligatoirement être remises à l’eau.
Les rivières de la Gaspésie, du Bas-Saint-Laurent, de la Moyenne-Côte-Nord et de l’île d’Anticosti sont touchées par une deuxième vague d’obligation de remise à l’eau des saumons jusqu’à la fin de la saison 2024.
Rémi Lesmerises
« J’ai prendre une expression : c’est comme mettre un plaster sur une fracture ouverte. Il fallait le faire, mais ce n’est pas ça qui va changer la donne dans les prochaines années. Ce n’est pas une vingtaine de petits saumons de moins de prises qui va changer grand-chose. Les petits saumons en plus c’est presque tous des mâles. Oui c’est une bonne chose parce qu’il faut garder le plus de saumons dans les rivières actuellement. Mais si on ne fait rien de plus, on ne réglera pas la situation. On va juste assister, dans notre vie, à la disparition d’une nouvelle espèce. », indique Rémi Lesmerises, directeur général de la Société de gestion des rivières de Gaspé.
Cette nouvelle mesure prise, par le ministère québécois de l’Environnement, entre en vigueur aujourd’hui. Les populations de saumons atlantiques du Québec sont en baisse drastique cette année. De faibles nombres de montaisons sont enregistrés sur les rivières à travers la province. Mais pourquoi ?
« On aimerait avoir la réponse précise à cette question, mais malheureusement on se doute que ça se passe en mer le problème. Nos rivières envoient quand même pas mal de juvéniles et puis il en revient très très peu. Donc la mortalité est en mer. C’est difficile de cibler, on n’a pas encore l’information d’où est-ce que ça se passe et c’est quoi les causes exactes de la mortalité en mer. », explique le directeur.
Le directeur mentionne des perturbations au niveau des températures en mers qui causent le déclin des populations de crevettes et de planctons qui sont la base de la chaine alimentaire des jeunes saumons.
« Je pense qu’il faudrait qu’il y ait un effort majeur et de grandes ampleurs faites par les gouvernements pour identifier : c’est quoi la cause ? Et si possible, parce que peut-être que ça ne va pas être impossible d’agir, mais si possible, si on est capable d’identifier des aspects sur lesquels agir, ben il faut agir et au plus vite. », dit-il.
Selon le directeur, des actions doivent être prises au niveau provincial, fédéral et même international afin de protéger l’espèce.