Obstétrique à Maria: les sages-femmes sont un renfort essentiel pour le personnel infirmier
Publié le 21 janvier 2026 à 16:27, modifié le 21 janvier 2026 à 19:15
Par: Patrick Giguère
Pour éviter des ruptures de service en obstétrique, le CISSS de la Gaspésie fait appel aux sages-femmes de la Baie-des-Chaleurs pour soutenir les équipes de l’hôpital de Maria. Un modèle unique au Québec qui pourrait certainement être reproduit ailleurs.
Depuis 2022, elles ont pu intervenir ponctuellement pour prêter main-forte aux équipes médicales en place, notamment lors de congés de maladie.
« Ça s’est fait de façon très ponctuelle, exploratoire, dans des contextes bien précis et bien particuliers où l’on a vraiment exploré comment tout ça pouvait se mettre en œuvre », explique la cheffe du département clinique des sages-femmes au réseau de santé gaspésien.
Entre janvier 2024 et novembre 2025, les sages-femmes ont permis d’éviter des ruptures de service à une dizaine de reprises à l’hôpital de Maria.
« Les sages-femmes ont un modèle de pratique qui a fait ses preuves et que l’on n’a pas envie de remettre en question. Cependant, c’est certain qu’il y a beaucoup d’yeux qui nous regardent pour voir quelles sont les solutions novatrices que nous sommes en train de trouver », indique Geneviève Guilbault.
C’est la première fois dans la province que les sages-femmes peuvent être appelés en renfort de cette manière.
Geneviève Guilbault, la cheffe du département clinique des sages-femmes au réseau de santé gaspésien, souligne toutefois que cette aide reste un filet de sécurité temporaire et que ces professionnelles de la naissance ne peuvent remplacer le personnel infirmier.
« On est une ressource en obstétrique qui existe et, quand on se ramasse avec une pénurie de ressources, je pense que c’est important de considérer toutes les ressources possibles pour que les services à la population puissent être offerts. »
Depuis le début de l’année, il n’y a pas eu encore de rupture de service à l’hôpital de Maria. Il reste cependant 18 quarts de travail à combler d’ici le mois prochain, indique le Syndicat des infirmières, infirmières auxiliaires et inhalothérapeutes de l’Est du Québec.
« C’est un risque dans le prochain mois qui est quand même présent de retomber en rupture de service », mentionne Pier-Luc Bujold, le président.
Il y a plusieurs mois, un comité de travail en obstétrique a été formé pour mettre la table et partager de l’information sur la situation à l’hôpital de Maria.
Depuis, certains intervenants estiment que peu de progrès ont été réalisés.
« On n’a pas encore travaillé sur les solutions, je ne suis pas au courant si ils ont formé des sous-groupes de travail. On n’a pas été mis au courant de l’avancement de ce dossier-là », révèle la porte-parole d’Accès Sages-Femmes Baie-des-Chaleurs, Caroline Hamelin.
« L’employeur est peu à l’écoute et ne prend pas nécessairement en considération les informations et les recommandations des infirmières en place », fait savoir monsieur Bujold.
« On est vraiment à l’étape de le formaliser ( le plan de contingence). On est rendu à l’étape de travailler le plan de contingence et de l’inscrire d’une façon un peu plus officielle, et ça doit se faire avec toutes les parties prenantes », ajoute Mme Guilbault.
Par écrit, le réseau de santé indique que les membres du comité seront bientôt invités à reprendre les échanges.
« Il a été convenu de réviser le plan de contingence afin, notamment, d’intégrer une sage-femme au sein de l’équipe médicale, lorsque possible. C’est un processus qui se doit d’être bien fait, puisqu’il implique plusieurs professions et qu’il doit se faire dans le respect de chacun. Deux postes de remplacement ont également été affichés », écrit Cassandra Lévesque, l’adjointe au PDG et responsable des communications par intérim du CISSS de la Gaspésie.