Nouvelle politique bioalimentaire : réactions régionales mitigées
Publié le 28 août 2025 à 15:40, modifié le 28 août 2025 à 15:40
Par: Louis-Philippe Morin
Au cours des derniers jours, Québec a annoncé les plans pour sa nouvelle politique bioalimentaire. Un budget d’un milliard de dollars est accordé pour les 5 premières années de ce plan de 10 ans. Présentée par le ministre André Lamontagne vendredi dernier, cette nouvelle politique s’inscrit, selon le gouvernement, dans la continuité de la précédente. Mais sur le terrain, on se dit impatient de connaitre les détails de la chose… et l’attente pourrait être longue.
LEILA ARBOUR | représentante régionale, Relève agricole du Québec
MICHÈLE POIRIER | ex-présidente, UPA régionale
Q1 Louis-Philippe, annoncé en grande pompe, cette politique n’émeut pas le monde agricole régional…
Le secteur bioalimentaire gaspésien est un important employeur régional. Selon les dernières statistiques, un peu plus de 8 mille travailleurs y œuvrent. Aussi, le dévoilement de la nouvelle politique bioalimentaire du Québec intéressait les acteurs du milieu… mais, au bout du compte, les réactions sont mitigées.
« Pour l’instant, on n’est pas très enthousiastes. Il n’y a pas beaucoup de changements qui ont été annoncés et ça ressemble beaucoup à ce qu’il y avait précédemment. On attend les actions parce que pour l’instant tout ce qu’on a vu ce sont des objectifs. », explique Leila Arbour, propriétaire des Bergeries du Margot et représentante régionale de la relève agricole du Québec.
« C’est très difficile. C’est très difficile des politiques. Ils vont dire que ça va arriver là… Moi j’ai déjà été présidente du réseau. Tu crois que tu vas avoir une politique là et un moment donné t’es des mois dans le néant, tu ne sais même pas où tu vas te ramasser. Il ne faut pas oublier que l’agriculture c’est ça qui nous nourrit. », ajoute, quant à elle, l’ex présidente de l’UPA régionale, Michèle Poirier.
Cette politique est le résultat de consultations réalisées ces deux dernières années. Si l’Union des producteurs agricoles se réjouit des efforts consentis par le gouvernement, les acteurs agricoles de la région estiment que l’objectif n’est pas atteint.
« J’ai impression qu’ils ne nous écoutent pas. Ils nous écoutent… Mais c’est comme moi : si je te parle et tu ne m’écoutes pas, ça ne marche pas. Il y a quoi qui ne marche pas quelque part. Je ne sais pas c’est où? Mais y a quelque chose qui ne fonctionne pas. S’ils sont à l’écoute, qu’ils écoutent vraiment ce qu’on a à dire. », souligne madame Poirier.
Le gouvernement vise à rendre les entreprises plus compétitives, à mieux exploiter le potentiel du territoire, et à leur permettre de s’adapter aux réalités économiques et climatiques… Pour se faire, Québec promet un peu plus d’un milliard de dollars d’investissements pour mettre en branle ce nouveau plan.
« Pour l’instant il n’y a pas d’argent supplémentaire. C’est de l’argent qui était déjà consacré à l’agriculture. Il n’y a aucun nouvel argent qui a été mis dans l’enveloppe. Ce qu’on demandait… Ce que la relève demande, c’est une augmentation de la budgétaire pour l’agriculture au Québec et donc au ministère de l’Agriculture, il n’y a aucune augmentation qui a été annoncée. », constate Leila Arbour.
Les ambitions du Québec sont louables selon les acteurs du milieu… Mais il faut plus d’argent versé directement aux agriculteurs.
« Je pense que s’il y a de l’argent à mettre – et ce montant qu’ils mettent, je trouve que ce n’est même pas assez, premièrement – Deuxièmement, ils devraient s’organiser pour donner un montant forfaitaire aux producteurs. Ils viennent augmenter tous les intrants, d’une façon quelconque. », soupire madame Poirier.
La graine est plantée… voyons voir si ce plan portera fruit.