Menacé d’expulsion : la famille d’un immigrant demande de suspendre la décision
Publié le 30 avril 2026 à 16:37, modifié le 30 avril 2026 à 16:37
Un homme originaire du Congo, qui vit à Edmundston, est sur le point d’être expulsé du pays. Il a renoncé à son statut de réfugié, mais sa famille soutient qu’il n’était pas apte à prendre cette décision parce qu’il souffrirait de bipolarité.
La famille d’Yves Tshitenge Tshimanga est inquiète. Selon elle, il sera forcé de retourner dès mardi prochain au Congo, où des guerres de gangs font rage. Le Canada a même suspendu temporairement les expulsions dans ce pays pour des raisons de sécurité. L’homme n’a également plus aucun membre de sa famille là-bas. Ils ont tous immigré au Québec.
« C’est une mort assurée. Je vous dis, il n’aura pas trois mois-là », lance Djo Tshienda, frère de Yves Tshitenge Tshimanga.
« Yves qui n’a pas d’abri, qui n’a aucune famille. On l’amène vraiment à la mort », ajoute Laura Tshimanga, sœur de Yves Tshitenge Tshimanga.
Il est présentement détenu au Centre correctionnel régional de Madawaska pour s’être battu. Lors des procédures judiciaires, il a été évalué au Centre Hospitalier Restigouche qui l’aurait déclaré apte à prendre des décisions, ce qui ne fait aucun sens pour ses proches.
« C’est la partie qui m’a justement le plus mis à terre, parce que c’était mon espoir. Je me suis dit finalement ils vont pouvoir au moins donner un bon diagnostic », explique Titi Tshimanga Tshitwa, sœur de Yves Tshitenge Tshimanga.
« C’est quelqu’un qui est super instable, qui peut être très joyeux à 8h le matin et à 9h il est dans tous ses états », mentionne son frère.
« Il va décider des choses sur un coup de tête qui ne sont pas forcément bonnes pour lui », indique son amie, Nanah Augou.
Ils déplorent également que Yves Tshitenge Tshimanga n’aura aucun suivi en santé mentale au Congo.
« La santé mentale, on ne connaît pas ça chez nous. Dès qu’on verra son comportement, ce sera un mauvais sort. Ce sera quelqu’un qui sera mal vu dans la société. Il n’y a personne qui va accepter Yves. On va le battre », témoigne Laura Tshimanga.
Sa famille demande donc de suspendre la décision et de réévaluer sa capacité à consentir.
« Notre supplication, c’est d’essayer de faire quelque chose pour qu’Yves puisse rester ici. La moindre chose qu’on demande, c’est sa sécurité. Et sa sécurité, c’est ici qu’il l’aura », souligne sa sœur.