Maraîchers: des salaires de 4,50$ de l’heure poussent vers la fermeture
Publié le 21 juillet 2025 à 16:15, modifié le 21 juillet 2025 à 16:15
La situation est critique pour des maraîchers du Bas-Saint-Laurent. Le manque de revenus, les conditions de travail difficiles et la demande en déclin, poussent plusieurs fermes maraîchères vers une fermeture temporaire, ou même définitive.
Les mauvaises herbes ont pris le dessus sur ce terrain d’un demi-hectare autrefois occupé par une grande variété de légumes frais. Après sept ans d’efforts, la coopérative paysanne La Pagaille a dû prendre la décision de mettre fin à ses activités.
« Dans la vie, soit tu travailles et tu fais de l’argent, soit tu ne travailles pas et t’as du temps. Nous on n’avait ni argent, ni temps, donc, on est arrivé à la conclusion que ce n’était pas profitable pour nous. Malgré, on va dire, la beauté du travail qu’on faisait. », raconte Raphaël Hébert, membre fondateur de La Pagaille, Coopérative paysanne.
Il ne s’agit malheureusement pas d’un cas isolé dans la région.
« C’est sûr qu’on a entendu parler, dernièrement, beaucoup de fermetures qui arrivaient, il y avait certains qui avaient décidé d’arrêter leurs activités, d’autres qui avaient mis sur pause pendant un an ou pendant une période indéterminée. », explique Nathalie Lemieux, la présidente de l’Union des producteurs agricoles du Québec.
En moyenne, les travailleurs des 800 entreprises maraîchères du Québec gagnent 4, 50$ de l’heure, sans fonds de retraite ni sécurité financière.
« Même si je fais très bien mon travail ici, que je vais être le meilleur maraîcher, je vais quand même arriver à entre quatre et 50 et 12 dollars de l’heure, ce qui veut dire que je suis un technicien, j’ai fait des études, mais, malheureusement, je ne peux pas me permettre de passer ma vie, j’ai des enfants, j’ai une maison à réparer, j’ai des enfants qui vont avoir besoin de broche, je peux pas. », exprime Raphaël.
À cela s’ajoute une baisse marquée de la demande pour les produits maraîchers. Entre 2023 et 2024, l’achalandage de La Pagaille a diminué de moitié.
« Toute l’inflation qu’on vit dans tous les secteurs, donc possiblement que ça fait partie des facteurs. C’est possiblement pas que ça. », explique la présidente de l’UPA du Bas-Saint-Laurent.
Une chose est sûre : ce n’est pas la passion qui manque.
« C’est un travail qui est excessivement plaisant que moi, si j’aurais pu, j’aurais continué. », raconte le maraîcher.
Nathalie Lemieux estime qu’il faudrait se poser des questions: « Est-ce que c’est d’avoir un soutien de la société pour pouvoir aussi, mettre en place des projets qui donnerait accès à des aliments produits ici au Bas-Saint-Laurent dans nos régions? Il y a il y a plusieurs réflexions à avoir, je pense. »
Tout n’a pas été perdu pour La Pagaille. Une petite section des installations a été reprise par quelques familles du coin qui cultivent ensemble un petit jardin coopératif.