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Maladie de Lyme : Un meilleur accès souhaité pour le traitement préventif

Publié le 16 mai 2019 à 13:21, modifié le 16 mai 2019 à 18:09

Par: Marie-Eve Cloutier

Un résident de Saint-Roch-des-Aulnaies a récemment vécu des heures d’angoisse. Craignant s’être fait piquer par une tique, le chasseur a eu de la difficulté à se procurer le traitement préventif contre la maladie de Lyme auprès de sa pharmacie.

« Je crois qu’il serait important qu’on ait accès à ce produit via nos pharmaciens partout au Québec », lance celui qui est également rédacteur en chef du magazine Sentier Chasse-Pêche.

Le produit en question, la doxycycline, peut être utilisé pour prévenir la maladie de Lyme lorsque administré dans un délai de 72 heures après l’exposition. Ce n’est que trois jours après son retour d’un voyage de chasse aux dindons sauvage, à Hemmingford, en Montérégie, que Louis Turbide découvre des traces de piqûre d’insecte sur son cuir chevelu.

« J’avais trois plaques rouges dans la tête qui ressemblaient à une piqûre normale d’insecte. Là, j’ai pesé sur le bouton panique. »

Une mauvaise surprise l’attendait au moment de voir son pharmacien.

« Il me dit “malheureusement, on ne peut rien faire, on n’est pas dans les zones à risque” », raconte le chasseur.

Contrairement aux régions de la Montérégie et de l’Estrie, où une ordonnance collective permet aux pharmaciens d’administrer le traitement,  Louis Turbide devait d’abord consulter un médecin.

« Pourquoi si j’habite en Montérégie ou en Estrie j’ai accès [sans voir de médecin] à ce qui peut régler un problème qui pourrait me causer des soucis de santé pour le reste de ma vie, mais puisque je réside au Bas-Saint-Laurent, je n’y ai pas droit? Alors que j’ai été piqué dans une zone à risque? C’est illogique », soutient Louis Turbide.

M. Turbide a finalement pu obtenir l’antibiotique. Il rappelle la tique ne cible pas que les chasseurs : « C’est monsieur, madame Tout-le-Monde. Vous pouvez retrouver une tique dans le parterre de votre jardin, pas seulement en pleine forêt. »

Un décision de santé publique

L’Institut national d’excellence en santé et services sociaux doit rendre disponible d’ici la fin mai un Protocole médical national et un modèle d’ordonnance collective pour le traitement préventif contre la maladie de Lyme afin de favoriser une pratique harmonisée à travers la province.

Le ministère de la Santé indique qu’il en revient au directeur de santé publique de chaque région du Québec de déterminer si une ordonnance collective pour le traitement préventif doit être émise, compte tenu de la situation épidémiologique régionale et de l’offre de service disponible. « Le traitement n’est pas une mesure de santé publique, mais une mesure de protection personnelle », ajoute Noémie Vanheuverzwijn, responsable des relations avec les médias.

De son côté, la Direction de la santé publique du Bas-Saint-Laurent dit demeurer vigilante quant aux signalements des cas de maladie de Lyme. Pour le moment, elle ne juge toutefois pas nécessaire d’émettre une ordonnance collective.

Seulement deux cas déclarés de maladie de Lyme ont été répertoriés au Bas-Saint-Laurent en 2018. « Il n’existe aucun cas acquis dans la région », soutient Ariane Doucet-Michaud, conseillère aux communications au CISSS du Bas-Saint-Laurent.