Lignes de transport : Hydro-Québec présentera bientôt des options de tracés
Publié le 6 janvier 2026 à 15:54, modifié le 6 janvier 2026 à 17:05
Par: Megan Maltais
Les projets éoliens continuent de se multiplier dans l’Est-du-Québec et les nouvelles lignes de transport d’électricité qui seront construites par Hydro-Québec sont fortement attendues. Les possibles tracés sur le territoire, entre les régions de Chaudière-Appalaches et du Bas-Saint-Laurent, seront dévoilés dans les prochaines semaines.
Hydro-Québec est toujours à l’étape de l’avant-projet, qui va se poursuivre jusqu’en 2027. Actuellement, les experts de la Société d’État sont en train de déterminer les éléments sensibles pour créer un tracé qui aura le moins d’impact.
Le corridor d’étude, qui permettra de relier Les Appalaches au Bas-Saint-Laurent, est de 260 kilomètres. Très bientôt, Hydro-Québec sera en mesure de présenter des options de tracés. « La prochaine étape en 2026 ça va être de proposer un ou des tracés qu’on va présenter à la population et qu’on va pouvoir optimiser et ensuite faire notre choix final pour le tracé de moindre impact », précise le porte-parole d’Hydro-Québec, Pascal Poinlane.
Compensation ajustée
Avec la nouvelle entente-cadre entre l’UPA et Hydro-Québec, la compensation versée aux producteurs sera augmentée de l’équivalent de 25% de la valeur marchande des terrains touchés pour les servitudes liées à la construction et à l’exploitation de lignes de transport d’électricité. Cet ajustement vise à reconnaître les impacts difficilement quantifiables, comme les pertes d’usage et les contraintes permanentes au territoire.
L’entente entre Hydro-Québec et l’UPA a été revue à la hausse, ce qui est bien accueilli. « Ça n’empêche pas que cette entente-cadre là, elle était attendue parce qu’on voit les nombreux projets qui s’en viennent. Ça peut avoir un impact important sur notre zone », précise la présidente de l’UPA au Bas-Saint-Laurent, Nathalie Lemieux.
Mais pour certains producteurs, cette compensation ne serait pas suffisante. « Personnellement, non. Je ne serais pas pour ça. Les pylônes, il faut les contourner dans le champ, ça prend de la place. Si jamais ils sont accrochés, qui va avoir la responsabilité? Je ne serais pas d’accord », explique la propriétaire de la ferme Jepal à Kamouraska, Kathy Beaulieu.
Les propriétaires de lots boisés auront aussi droit à un meilleur dédommagement, notamment pour la présence de pylônes électriques en milieu forestier.
Préserver l’acériculture
Plus de 70 organismes et 700 citoyens ont partagé leurs préoccupations à Hydro-Québec lors de consultations publiques. Parmi les principaux points soulevés, la préservation des milieux acéricoles est une priorité.
« La population nous demande au maximum d’éviter les acéricultures, d’éviter les érablières, ça fait partie des éléments sensibles qu’on considère actuellement. On place ces éléments sensibles sur la carte pour les éviter au maximum », confirme le porte-parole d’Hydro-Québec.
« On demande toujours zéro perte nette en agriculture au niveau du territoire et l’acériculture en fait partie. C’est sûr qu’on demande d’éviter les érablières qui sont en exploitation à l’heure actuelle et les potentiels acéricoles. Il ne faut pas mettre des structures permanentes qui vont nuire à son développement », souligne Nathalie Lemieux.
La Société d’État et l’UPA se sont également engagés à créer un fonds dédié à la relève agricole. Hydro-Québec contribuera à une hauteur de 25 millions de dollars sur 10 ans. Ce fonds permettra notamment de sécuriser l’accès à la terre pour les jeunes agriculteurs et d’encourager la diversité des modèles agricoles au Québec.
L’entente prévoit également
- Plafonner le montant de la responsabilité civile des agriculteurs liée à la présence des infrastructures d’Hydro-Québec à un montant maximal de 2M$.
- Mettre en place des mesures d’atténuation additionnelles pour protéger les sols.
- Bonifier l’accompagnement aux producteurs agricoles et forestiers en impliquant davantage un représentant de l’UPA dans toutes les phases d’un projet de construction en ligne de transport d’électricité.