L’Hôpital de Maria jugé dans un état « satisfaisant » : un bilan qui fait sourciller
Publié le 23 février 2026 à 16:52, modifié le 24 février 2026 à 10:12
Par: Pierre-Marie Nicolas
Malgré des projets de rénovation toujours à l’étude, le plus récent bilan de Santé Québec estime que l’Hôpital de Maria est dans un bon état global. Une évaluation qui déconnecte totalement de la réalité du terrain selon les intervenants locaux.
L’évaluation de Santé Québec repose sur l’indice de vétusté physique. En clair, si la structure est solide et que la plomberie tient, les ingénieurs accordent la note de passage (B ou C). Pourtant, ce bilan est perçu comme un trompe-l’œil. Un bâtiment peut être jugé « satisfaisant » parce que ses tuyaux sont fonctionnels, tout en étant une catastrophe fonctionnelle par manque d’espace pour soigner les patients.
Pour Catherine Rioux, vice-présidente du SIIIEQ, la surprise est totale. Elle rappelle que l’urgence de Maria, conçue pour 10 civières, doit régulièrement en accueillir le double. « L’Hôpital de Maria donne des soins à une grande partie de la région. On est surpris de cette évaluation alors que les endroits sont si restreints », déplore-t-elle.
Même son de cloche du côté de la mairesse de Maria, Patricia Chartier. « L’hôpital a plus de 50 ans et il a toujours manqué d’amour. Il suffit d’aller à l’urgence et d’écouter le personnel pour comprendre qu’il y a de gros problèmes », affirme l’élue, qui refuse de voir son établissement négligé.
Le bilan de Santé Québec place d’autres établissements, comme l’Hôpital de Matane, dans un état de dégradation élevé (note D). On craint que les enveloppes de financement ne soient dirigées ailleurs, laissant la Baie-des-Chaleurs au bas de la pile des priorités.
« Je n’aime pas qu’on mette en compétition un endroit et un autre. Ce sont des services publics, tout le monde a des besoins », martèle Patricia Chartier, qui espère des engagements concrets à l’approche de la campagne électorale.
Sur le terrain, les usagers sont unanimes. Entre la vétusté des locaux datant des années 50 et l’exiguïté de l’urgence, les citoyens estiment qu’une rénovation majeure n’est plus une option, mais une nécessité.
En classant l’établissement comme « satisfaisant », Québec s’offre un répit administratif. Pendant ce temps, les conditions de travail et de soins continuent de se dégrader entre les murs de l’Hôpital de Maria.