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Les professionnels en soins de santé sonnent l’alarme dans Charlevoix

Publié le 11 février 2019 à 15:59, modifié le 12 février 2019 à 10:16

Par: Mariane Lajoie

C’est connu depuis des années et le problème ne semble pas se régler. Les différents établissements de santé de la province manquent de personnel. Et la région de Charlevoix n’y fait pas exception. La situation est dénoncée par la FIQ-Syndicat des professionnelles en soins de la Capitale-Nationale (FIQ-SPSCN) et des demandes sont adressées à la ministre de la Santé.

Les professionnels en soins de Charlevoix sont à bout de souffle. Il manque 25 infirmières à temps complet dans la région. 3750 heures par mois sont donc à combler par le personnel déjà en place.

«On a de la misère à voir la lumière au bout du tunnel. Ce sont déjà des personnes qui travaillent à temps complet et on leur demande de rajouter des heures. C’est le stress de se dire ‘demain je travaille, est-ce qu’il va falloir en plus que je reste 16 heures?’ Ça mine beaucoup le moral des troupes en plus de faire en sorte que des gens s’en vont en maladie», alerte la présidente de la FIQ-SPCSN, Patricia Lajoie.

«À chaque semaine, il y a des temps supplémentaires obligatoires. La situation des temps supplémentaires a atteint des niveaux qu’on n’avait pas eus dans le passé. Après 12, 13,14 heures consécutives que le professionnel en soins fait, ça devient dangereux», admet le vice-président de la FIQ-SPCSN, qui travaille également comme infirmier à l’Hôpital de Baie-Saint-Paul, Pierre-Olivier Bradet.

80% des plaintes déposées au CIUSSS de la Capitale-Nationale en lien avec le TSO viennent de Charlevoix. «La problématique est vraiment plus criante ici dans Charlevoix», remarque Patricia Lajoie.

«On a tout regardé ce qui était possible de faire localement, dans les dernières années, et on a atteint le maximum. Quand on a des jeunes qui commencent, qui quittent entre zéro et deux ans, ça nous démontre qu’il y a une réelle problématique», mentionne Pierre-Olivier Bradet.

La FIQ-SPSCN a des solutions pour les professionnels de Charlevoix, mais elle a besoin de l’aide financière de la ministre de la Santé. Il faudrait que les inhalothérapeutes soient davantage intégrées dans la prise en charge de patients, recréer la passerelle DEP-DEC pour les infirmières auxiliaires qui veulent poursuivre leurs études et offrir une prime d’attraction-rétention.

«On se bat contre la ville de Québec, qui attire des hôpitaux universitaires, qui ont des universités. Donc il faut concurrencer avec ces grandes villes, pour demeurer en région. À part nous vanter de la qualité de la région, c’est tout ce qu’on a», admet le vice-président de la FIQ-SPSCN.

Un autre indicatif du manque d’intérêt envers la profession, c’est que cette année, au CECC, à cause d’un manque d’inscriptions, il n’y a pas eu de cohorte de première année en soins infirmiers. C’est donc dire que dans deux ans et demi, il n’y aura aucune nouvelle infirmière diplômée dans Charlevoix.