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Les organismes de défense collective promettent un printemps mouvementé

Publié le 3 février 2026 à 16:34, modifié le 3 février 2026 à 17:13

Par: Pierre-Marie Nicolas

Cette semaine, des organismes de défense collective des droits en Gaspésie sont en grève. Ils promettent au gouvernement un printemps mouvementé. Certains étaient présents hier lors du Jour de la marmotte, à Val-d’Espoir.

Ils étaient plusieurs organismes à se donner rendez-vous à Val-d’Espoir pour dénoncer le sous-financement accordé aux groupes de défense des droits. Selon eux, le manque de ressources affaiblit leur capacité à remplir leur mission auprès des citoyens.

Comme la marmotte qui promet un printemps hâtif, les organismes de défense collective des droits promettent un printemps mouvementé et chaud pour le gouvernement. Leur entente de financement arrive à échéance le 31 mars.

« Ça amène un flou. À savoir quel va être notre avenir et considérant qu’il nous reste moins de deux mois avant la fin de notre année financière. On est très, très inquiets. Et puis à travers ça, on demanderait un réinvestissement massif, parce qu’à travers le Québec, on a calculé que ce serait un besoin d’environ 155 millions pour les groupes en défense collective des droits », explique la coordonnatrice de Droits Devant, Louise Gallien

Face à l’augmentation du coût de la vie, les organismes réclament l’indexation de leur subvention, soit 3,6 % pour cette année.

Certains organismes fonctionnent avec une enveloppe de 100 000 dollars par an, un montant jugé insuffisant, ce qui les oblige à faire des concessions.

« Nous, on n’a pas ce processus-là. Nos loyers augmentent, nos frais d’activité augmentent. Tout augmente. Mais là, c’est de voir où est-ce qu’on est supposé couper. Est-ce qu’on est supposé couper dans le salaire des gens qui travaillent déjà à des salaires qui ne sont pas toujours très intéressants », souligne la coordonnatrice.

Pour les organismes de la région, le gouvernement serait plus attentif aux investissements dans les compagnies privées qu’au secteur communautaire.

« Il y a des financements qui sont disponibles quand on parle de grands projets avec des entreprises. Il y a des montants immenses qui sont attribués à de nouvelles infrastructures numériques, par exemple. On peut penser à SAAQclic. Des éléments comme ça. Mais quand on parle à des organismes qui font réellement la différence dans la vie des gens, qui défendent des droits, qui permettent de donner une voix à des personnes qui ont moins accès aux personnes qui prennent des décisions, là on y va au compte-gouttes », déplore la coordonnatrice de la table de concertation féministe, Nastassia Williams.

Pour le moment, les organismes constatent que le gouvernement ne fait pas preuve de beaucoup d’ouverture.

« Madame Catherine Blouin, ça a été très difficile qu’on arrive à se rencontrer. Puis elle nous a offert finalement une rencontre d’une demi-heure sur Zoom pendant l’été, il y a peut-être deux ans, alors qu’on est basés à Maria et que son bureau est à Carleton », ajoute la coordonnatrice.

Les organisations de défense s’inquiètent également de certaines dispositions du projet de loi 7 actuellement à l’étude à l’Assemblée nationale.

« Qui s’attaque à notre financement, puis à notre liberté d’action. Une fois de plus, on comprend que le gouvernement de la CAQ, en ce moment, a très peu de sympathie pour les groupes qui défendent », affirme la coordonnatrice de la table de concertation féministe.

Les organismes communautaires sont en grève toute la semaine, en alternance, partout au Québec et en Gaspésie.