Les Éboulements face à du camping sauvage… en voiture
Publié le 11 juillet 2025 à 16:23, modifié le 11 juillet 2025 à 16:31
Un phénomène inattendu se déroule aux Éboulements cet été : à plusieurs reprises des personnes ont dormi dans leur voiture sur des lieux non autorisés. La Municipalité essaie de comprendre la situation alors qu’elle possède déjà des espaces pour accueillir les voyageurs.
« (Les stationnements de) la municipalité, c’est pour la municipalité. On n’est pas encore rendu un terrain de camping », déclare avec une pointe de sarcasme le maire des Éboulements, Emmanuel Deschênes.
Les employés municipaux ont eu toute une surprise, le matin en arrivant au travail. Plusieurs fois cet été, des personnes avaient dormi illégalement dans leur voiture, sur les stationnements de la municipalité.
« On se pose la question : pourquoi les gens… c’est-tu une nouvelle mode, c’est-tu du monde qui sont en itinérance, c’est-tu du monde qui sont séparés, c’est-tu du monde qui veulent vivre des nouveaux trips? », se demande le maire.
Cette situation récurrente n’avait jamais été vue aux Éboulements, d’autant que la municipalité met déjà à disposition 18 espaces de halte pour la nuit, moyennant une contribution de 22 $. La formule semble appréciée par les touristes de passage.
« Souvent les haltes municipales, c’est très bien fait et c’est d’accessible. Ce n’est pas très cher. On a besoin de rien en fait, on est autonome. Ce qu’on aime, c’est avoir une belle vue, un bel endroit, propre », confie une touriste française, Françoise Szpala.
La municipalité doit jongler entre l’accueil des touristes et la quiétude de ses citoyens. Elle a d’ailleurs décidé d’ajouter des espaces au parc de la Seigneurie et d’enlever ceux près d’Espace La Rive.
« Cet espace-là, c’est pour les gens de la communauté. Il y avait des stationnements réservés pour les vanlife, mais (…) il y a eu des interpellations, des faits », explique le maire, qui priorise le bon voisinage.
Concernant le phénomène du camping improvisé sur les stationnements, Emmanuel Deschênes rencontrera la Sûreté du Québec pour savoir comment bien gérer la situation.
« On veut faire de la sensibilisation. Il n’est pas question de répression pour le moment. On veut vraiment comprendre le phénomène. Je pense qu’on en est là. On est tous été pris un petit peu par surprise avec ça, mais il faut vraiment arriver après pour avoir le meilleur compromis. »
Les Éboulements fonctionnent avec un système de haltes payantes pour une deuxième année. La formule semble être gagnante puisqu’à l’heure actuelle, les réservations ont déjà dépassé celles de la première saison.