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Le sauvetage des trois hommes disparus raconté par un membre d’Urgence Sauvetage Québec

Publié le 28 mai 2018 à 12:40, modifié le 28 mai 2018 à 17:31

Par: Carl Vaillancourt

Un des trois fondateurs de l’équipe d’Urgence Sauvetage Québec a assisté les ambulanciers qui ont découvert le corps inanimé de Léon Drapeau, 75 ans, samedi matin.

Aux alentours de 9h samedi matin, Dave Bérubé-Poitras roulait à bord de l’un des véhicules de l’entreprise près du Lac de l’Est où des membres de son équipe ratissaient la zone depuis deux jours. C’est finalement à un embranchement situé à l’Ouest du Lac que l’ancien ambulancier a perçu un civil qui agitait les bras pour attirer l’attention de l’automobiliste.

Une fois immobilisée près de l’homme, le résident du secteur a informé ce dernier qu’ils venaient de retrouver le corps inanimé et le véhicule gris de marque Ford Freestar dans l’un des chemins forestiers qui n’avait pas été fouillé par les autorités policières.

« Il était vraiment ébranlé. Les policiers l’ont embarqué, puis il les a conduit jusqu’au chalet, où les deux hommes ont finalement été escortés par l’hélicoptère jusqu’à Rivière-du-Loup », a rapporté celui qui occupe les fonctions de directeur des opérations pour la région du Bas-Saint-Laurent chez Urgence Sauvetage Québec.

Une fois l’information colligée par les autorités policières, les ambulanciers ont été appelés sur place pour venir vérifier les fonctions vitales de l’homme inanimé.

Toutefois, il n’y a pas été possible pour le véhicule ambulancier de se rendre à l’endroit où le corps de Léon Drapeau reposait en raison de la route accidentée. Toutefois, ils ont été conduits par l’équipe d’Urgence Sauvetage Québec jusqu’aux côtés du conjoint de Céline Lévesque.

« Nous notre mandat dès que les paramédics sont arrivés, ça été de les accompagner jusqu’au lieu. Après quelques kilomètres dans les chemins forestiers, ils nous ont demandé de s’arrêter pour nous dire : Écoutez, ça n’a pas de bon sens. On ne peut pas se rendre là avec le véhicule ambulancier. Donc, on a dit : Écoutez! Transférer le matériel. Embarquez dans nos véhicules 4 x 4. Nous on est en mesure de se rendre, donc on a assisté les paramédics pour se rendre sur la scène, retrouver les policiers », a-t-il raconté en entrevue à CIMT Nouvelles lundi.

Les ambulanciers ont toutefois constaté que le coeur de Léon Drapeau s’était arrêté, lui qui était atteint d’insuffisance cardiaque.

L’homme a été transporté jusqu’à Mont-Carmel où le constat de son décès a été officialisé.

Selon une note laissée au chalet où le neveu de Léon Drapeau, Pierre Barrière, et son ami, Ronald Filion, son oncle serait décédé dans la journée de mercredi.

La note avait pour objectif d’informer les propriétaires du chalet que les deux survivants avaient utilisés le chalet durant trois nuits après que leur véhicule s’était enlisé dans un chemin forestier. Nourriture et breuvage se trouvait à l’intérieur, ce qui leur a permis de survivre jusqu’au sauvetage samedi matin.

« Désolé! Les 3 gars perdus, nous avons coucher ici 3 jours, notre ami est décédé. Secours arrivé le samedi 26 mai. Depuis mardi que nous sommes partis », peut-on lire sur la note retrouvée dans le chalet samedi.

Une situation que vit difficilement les membres d’Urgence Sauvetage Québec.

« Je vous dirais qu’il y a beaucoup d’impuissance, parce que c’est pratiquement le combat de David contre Goliath. Dans ce cas-ci, Goliath c’est la forêt. On est là, on a l’impression de tourner en rond, tous les chemins se ressemblent, tous les terrains se ressemblent, mais il faut continuer, parce qu’il y a des gens qui sont loin de leur famille », a-t-il mentionné.

À titre de conseil qu’il voulait lancer aux téléspectateurs de CIMT Nouvelles, M. Bérubé-Poitras a sensibilisé les gens qui aiment se rendre en forêt pour faire de l’excursion ou du camping de prévoir nourriture et eau, mais également une trousse de survie qui doit absolument contenir un localisateur GPS.

« Je crois qu’ils n’auraient pas hésité après une fois la première nuit passée en forêt et que personne ne venait. Ils auraient cliqué sur le bouton SOS, puis les policiers auraient été mis au courant dans les heures qui suivent de leur position, donc peut-être que la fin aurait été fort différente », s’est-il dit, persuadé que cela aurait permis de retrouver sains et sauf les trois hommes portés disparus.