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Le français acadien se taille une place dans les dictionnaires francophones

Publié le 4 décembre 2025 à 14:13, modifié le 5 décembre 2025 à 09:58

Par: Marion Lavergne

Le français acadien commence à faire sa place dans les ouvrages de référence francophones à l’international. Quelques termes anciens spécifiques sont déjà inscrits dans le Petit Robert.

Quelques mots spécifiquement acadiens font partie du Petit Robert, mais ce sont des termes qui appartiennent aujourd’hui plus à la littérature qu’au langage courant.

« C’est pas des termes qui se sont maintenus vraiment aujourd’hui, parce qu’ils marquent beaucoup plus comme la faune, la flore », explique Karine Gauvin, professeure de linguistique à l’Université de Moncton.

Plusieurs mots acadiens aussi utilisés ailleurs au Canada ont aussi leur place, notamment dans les ouvrages de référence nord-américains, et même dans ceux outre-mer.

« Le Petit Robert inclue déjà des mots acadiens, mais ils sont souvent marqués Canada. Donc, il faut comprendre que les mots acadiens sont déjà bien représentés dans les dictionnaires généraux, autant faits en France qu’au Québec. Mais on sent qu’il y a une volonté de la France de mieux représenter la francophonie. Donc, si on peut représenter mieux l’Acadie, mieux le Québec, mieux tous les parlers du Canada, c’est bénéfique pour tout le monde », souligne Gabriel Martin, linguiste consultant pour Le Robert Québec.

Selon Karine Gauvin, on associe souvent le français acadien aux termes anciens de sa littérature. Ou encore au Chiac, une variété plus spécifique qu’on retrouve davantage dans la région de Moncton.

« En tant que linguiste, mon ambition c’est de montrer que les Acadiens, on a quand même un registre neutre, mais qui nous est propre », exprime Mme Gauvin.

Des termes plus représentatifs du français acadien de tous les jours, comme « district scolaire » ou « collège communautaire », pourraient éventuellement se tailler une place dans les ouvrages européens.

« Les mots, c’est vraiment la culture, n’est-ce pas, donc on se reconnaît dans les mots qu’on utilise. Puis d’être capable de se voir dans un dictionnaire de la trempe du Petit Robert, c’est quelque chose qui est quand même important pour toutes les communautés francophones », ajoute Mme Gauvin.

« Se dire ouah, mes mots se sont retrouvés de l’autre bord de l’Atlantique, ils sont diffusés dans toute la francophonie, ça, c’est une grande source de fierté pour tous les gens. Souvent, le Québec a eu la chance d’avoir ses mots, mais je crois que l’Acadie pourrait aussi profiter de ça », termine M. Martin