L’augmentation des tarifs douaniers sur le bois d’oeuvre inquiète au Nouveau-Brunswick
Publié le 17 octobre 2025 à 16:57, modifié le 17 octobre 2025 à 16:57
Par: Alex Delcourt
L’entrée en vigueur cette semaine de frais de douanes supplémentaires sur le bois d’œuvre canadien inquiète au Nouveau-Brunswick. Déjà éprouvée, cette industrie devra s’adapter à cette nouvelle réalité.
« On va avoir des pertes d’emplois. C’est prévisible. C’est malheureusement la réalité. » – Pierre-Marcel Desjardins, professeur à l’école des hautes études publiques en économie de l’Université de Moncton
Ce n’est pas rose dans l’industrie du bois d’œuvre à la suite de l’imposition de 10 % supplémentaires de tarifs douaniers, qui atteignent maintenant 45 % au total.
« Le cumul fait en sorte que ça devient extrêmement difficile pour nos producteurs canadiens de concurrencer sur le marché américain. » – Pierre-Marcel Desjardins, professeur à l’école des hautes études publiques en économie de l’Université de Moncton
Selon des données du ministère des Ressources naturelles du Nouveau-Brunswick, la province exportait, en 2021, 83 % de son bois d’œuvre aux États-Unis. Selon Pierre-Marcel Desjardins, le premier réflexe serait de diversifier les marchés vers l’Europe ou l’Asie. Mais cette solution est plus belle sur papier que sur le terrain.
« Quand on parle de bois d’œuvre, c’est beaucoup plus complexe, parce que le coût de transport par rapport au volume, par rapport au poids, c’est plus important que ce l’est pour d’autres produits. » – Pierre-Marcel Desjardins, professeur à l’école des hautes études publiques en économie de l’Université de Moncton
Le député fédéral, Serge Cormier, met tout de même cette stratégie en avant comme solution pour atténuer les impacts négatifs. Une autre alternative, à plus court terme, stimuler la construction au pays.
« Premièrement, avec le nombre de maisons qu’on veut bâtir au Canada dans les prochaines années, il y a une opportunité justement pour l’industrie du bois d’œuvre de vendre justement ce bois d’œuvre là aux projets canadiens. C’est exactement ce qu’on veut faire. » – Serge Cormier
Bien que des annonces en matière de constructions de logements s’additionnent un peu partout dans la Péninsule acadienne et le Restigouche, le marché canadien ne serait pas suffisant.
« L’augmentation de la demande risque de ne pas être suffisante pour combler la perte du marché américain. Donc, oui, il y a la possibilité de diversifier au Canada, mais c’est limité. » – Pierre-Marcel Desjardins, professeur à l’école des hautes études publiques en économie de l’Université de Moncton
Pierre-Marcel Desjardins amène également comme autre solution d’exploiter le bois différemment. Il suggère de diversifier les produits finaux, même si les coûts d’adaptation seront considérables.