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La SÉMER retourne au gaz naturel liquéfié : un dossier complexe

Publié le 17 septembre 2021 à 17:35, modifié le 17 septembre 2021 à 17:36

Par: Guillaume Cotnoir Lacroix

Le président de la SÉMER, Michel Lagacé, en a surpris plus d’un hier en annonçant que la société se tournait de nouveau vers le gaz naturel liquéfié, malgré l’échec des premières tentatives jusqu’en 2018.

« À l’époque, les premières fois où on a essayé, on a vraiment eu des problèmes en lien avec le lieu d’enfouissement technique. Le lieu d’enfouissement technique était noyé. Après ça les canalisations ont été obturées, il a fallu les nettoyer », explique Michel Lagacé, qui pense que les problèmes rencontrés par la SÉMER lors des premières tentatives pourront être réglés.

Les quantités de matières organiques envoyées à l’usine étaient insuffisantes. Le tonnage a largement augmenté depuis et le président a bon espoir qu’il continuera de grimper.

« On pourrait aller chercher 20 000 tonnes supplémentaires facilement, dans les matières publiques. C’est extrêmement important. Il y a là du tonnage qui demeure à notre disposition, à notre disponibilité et on a des discussions actuellement avec d’autres intéressés », poursuit celui qui est aussi préfet de la MRC de Rivière-du-Loup. Il se base notamment sur les collectes auprès des citoyens, qui ont encore un potentiel inexploité.

« Actuellement, les gens paient leurs 12 dollars, ils envoient 30 à 40% de leur gisement (leurs matières organiques) à la SÉMER. Il y en a 60% qui demeurent disponibles. » – Michel Lagacé, président de la SÉMER

Les équipements de l’usine n’étaient pas parfaits non plus et des bris étaient survenus. La SÉMER ne repart pas à zéro, assure son président, mais devra améliorer ses installations.

« L’ordinateur d’aujourd’hui versus l’ordinateur d’il y a deux ans, ce n’est pas tout à fait la même technologie, donc on en profite bien entendu pour améliorer la technologie (…) C’est dans cet esprit-là qu’on a mis il y a quelques semaines un dessableur en place », poursuit Michel Lagacé, qui précise qu’il s’agit d’un équipement qui permettra d’éviter que du sable et des roches qui sont jetés par erreur dans le bac brun ne s’infiltrent dans les équipements.

La question demeure : pourquoi liquéfier plutôt que comprimer le gaz. Le distributeur Énergir, via une porte-parole, a confirmé ce matin qu’il n’a rien à voir avec la décision et achèterait le produit, peu importe sa forme. Mis au fait de ces propos, Michel Lagacé a réitéré que les revenus anticipés et les bénéfices environnementaux étaient supérieurs.

Preuve de la complexité du dossier, trois ministères sont impliqués dans les discussions pour une éventuelle contribution financière à la SÉMER. « Le ministère de l’Économie, qui a un rôle interministériel par rapport à ce dossier-là. Le ministère de l’Environnement, bien entendu. Avec l’approche de la SÉMER, l’environnement est fortement sollicité. Le ministère de l’Énergie, parce que ce qu’on produit ça a une valeur énergétique extrêmement importante », détaille le président.

En attendant une aide financière de Québec, la société a-t-elle les reins suffisamment solides pour continuer ses opérations? « On a encore des dûs de la part d’un ministère qu’on souhaite recevoir. Ce dû-là, s’il nous est versé va nous permettre de traverser les prochains mois de façon bien correcte », explique Michel Lagacé.

En rappel 

Comme le réseau d’Énergir ne se rend pas dans l’Est-du-Québec, La SÉMER est tenue de liquéfier ou de comprimer le biogaz produit à son usine de biométhanisation, pour qu’il puisse être transporté par camion.

La forme liquide du gaz permet d’en entreposer davantage dans un même camion de transport, confirme Brigitte Léonard, conseillère principale aux affaires publiques d’Énergir. Le gaz liquéfié est transporté jusqu’à Montréal-Nord avant d’être réacheminé, par exemple, dans des usines. Le gaz comprimé est lui aussi transporté par camion, mais est principalement livré dans des réservoirs où il est «détendu», donc ramené à sa forme initiale, pour ensuite être injecté dans le réseau d’Énergir, qui permet entre autres à de nombreux foyers de s’approvisionner.

Brigitte Léonard affirme que la demande est présente tant pour le gaz naturel comprimé que pour le gaz liquéfié, et que des projets comme celui de la SÉMER permettent à Énergir de «décarboniser son réseau». Elle soutient que l’entreprise a accommodé la SÉMER depuis ses tout débuts, peu importe la forme que devait prendre le gaz produit.