Jardins de Cap-aux-Oies : une culture hivernale en plein champ
Publié le 14 juillet 2025 à 20:42, modifié le 14 juillet 2025 à 20:42
Une ferme biologique des Éboulements se démarque au Québec. Les Jardins de Cap-aux-Oies cultivent presque exclusivement pour une distribution hivernale. Les propriétaires continuent d’investir pour maintenant produire des verdures directement dans les champs.
« On met nos bottes d’hiver, on met nos tuques pis on déneige, on souffle, on lave les légumes dans le froid, puis on s’en va récolter dehors », énumère Charles-Emmanuel Gagnon-Coupal, copropriétaire des Jardins de Cap-aux-Oies avec Laurence Gareau.
Le modèle d’affaires de la jeune entreprise est à contre-courant de l’agriculture traditionnelle. Il y a un an, les propriétaires des Jardins de Cap-aux-Oies ont décidé de distribuer leur production maraichère de novembre à mai plutôt que durant la haute saison. La nouvelle formule permet à l’équipe de travailler toute l’année.
« L’été c’est la folie. Il faut qu’on prépare les champs, on a une équipe à gérer, on a la récolte, la mise en marché, le conditionnement, l’administration comme une entreprise normale, puis l’hiver tout tombe, puis on n’aimait pas vraiment ça», confie le copropriétaire.
La petite ferme maraichère de quatre hectares produit une centaine de variétés, en plus de vendre des produits transformés. Pour sa distribution hivernale, elle a investi près de 100 000 $ et a pris le pari de cultiver majoritairement des verdures. En deux semaines, tous ses paniers d’hiver étaient réservés.
« Les gens aiment beaucoup les rutabagas, les céleris-raves, les choux, mais il n’y a rien comme une bonne salade d’épinards ou un bol de mesclun en plein hiver! Puis c’est ça qui nous différencie un peu », explique Charles-Emmanuel Gagnon-Coupal.
Les propriétaires vont s’équiper cette année de trois nouveaux tunnels gothiques pour ajouter une superficie de 4 500 pieds carrés cultivables. Les verdures pousseront directement dans les champs et seront amenées à mi-maturité pour résister au froid hivernal.
« On arrive le matin, puis là c’est une quasi catastrophe. On est comme : ah, elles vont mourir! Finalement, deux-trois heures après, le soleil se lève, puis là elles reviennent. À chaque jour c’est comme un quasi miracle », image le copropriétaire.
Seulement trois fermes au Québec ont pris le virage de la distribution hivernale. Cap-aux-Oies est la seule de Charlevoix, mais collabore avec d’autres producteurs de la région pour rendre aussi ses produits accessibles durant l’été.
Les tunnels gothiques seront installés au mois d’août pour démarrer des nouvelles cultures hivernales dès le mois de septembre.