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Infirmières : NCLEX désavantagerait les francophones

Publié le 1 août 2019 à 14:21, modifié le 1 août 2019 à 14:34

Par: Jacob Cassidy

Un groupe d’infirmières du Nouveau-Brunswick a déposé une plainte mercredi au Commissaire aux langues officielles contre l’examen d’entrée dans la profession. Le test est critiqué depuis son entrée en vigueur. Il défavoriserait les francophones puisqu’il est traduit de l’anglais.

Isabelle Bard terminera ses études en soins infirmiers le printemps prochain. Elle devra réussir le test NCLEX pour pouvoir pratiquer le métier qu’elle a choisi. «Rendu en 4e année, c’est sûr que c’est un énorme stress qu’on ressent parce que c’est dans quelques mois», partage-t-elle.

Ce test est obligatoire si elle souhaite être immatriculée. L’examen, utilisé depuis 2015, provient des États-Unis. «Donc c’est vraiment selon les pratiques américaines. Nous autres, nos pratiques canadiennes ne sont pas nécessairement pareilles. Donc, se faire questionner sur les pratiques qu’on n’a pas apprises non plus c’est difficile pour nous», critique l’étudiante de 23 ans.

Chaque année, le taux de réussite des étudiants néo-brunswickois est nettement inférieur à la moyenne canadienne. Il atteignait 74 % l’an dernier. Le plus aberrant, c’est que près des deux tiers de ceux qui ont choisi de faire l’examen en français l’ont échoué avant 2018.

«Bien que la traduction se soit améliorée depuis 2015, ce n’est pas encore parfait, relate l’infirmière et professeure à la retraite France Marquis. Ceux-là qui se sentent suffisamment bilingues vont glisser vers l’examen anglais.»

Il existe très peu de ressources francophones pour s’y préparer. C’est pour ces raisons qu’une plainte a été déposée au Commissaire aux langues officielles. «Au niveau des francophones, ça peut avoir un impact assez grave au niveau du recrutement.  Ils vont faire 4 ans d’études, et après échoué l’examen à plusieurs reprises ce qu’ils font c’est qu’ils vont se désister», déplore Mme Marquis.

«On doit étudier pour l’examen en anglais. Donc, tout au niveau des termes médicaux on est habitués en français, donc il faut tout traduire les mots, explique Isabelle Bard. La solution idéale ce serait d’avoir un examen qui est bilingue canadien. Cet examen-là serait conforme aux normes canadiennes.»

L’Université de Moncton appuie la plainte déposée contre l’examen. Selon le recteur, celui-ci nuit à l’entrée sur le marché du travail et accentue la pénurie d’infirmiers. En maintenant en place l’examen américain NCLEX-RN comme examen d’admission à la profession infirmière, l’AIINB viole la Loi sur les langues officielles et défavorise l’entrée sur le marché du travail d’une main-d’œuvre qualifiée», a déclaré Jacques Paul Couturier.

Le contrat pour NCLEX viendra à échéance à la fin de l’année. Isabelle Bard espère que ce test sera remplacé pour lui permettre d’entrer sans tracas sur le marché du travail.