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Industrie forestière : « ce n’est pas le temps de baisser les bras » 

Publié le 13 novembre 2025 à 16:44, modifié le 13 novembre 2025 à 16:46

Par: Megan Maltais

L’industrie forestière au Bas-Saint-Laurent se sent abandonnée par Québec, après les propos du premier ministre. Plus tôt cette semaine, François Legault a prédit que le secteur de la forêt allait perdre la moitié de ses 60 000 emplois dans la province, en raison des tarifs douaniers américains.

« C’est invraisemblable d’entendre ça. J’ai le sentiment qu’il peut corriger le tir et qu’il doit corriger le tir. Ce n’est pas très intéressant d’entendre le premier ministre qui lance la serviette par rapport à une problématique comme celle qu’on vit actuellement », estime le préfet de la MRC de Témiscouata, Serge Pelletier.

Au Bas-Saint-Laurent, l’industrie forestière représente 5 470 emplois, 255 entreprises et 610M$ en revenus d’emploi, selon les plus récentes données du Conseil de l’industrie forestière du Québec.

Les impacts potentiels seraient majeurs pour les communautés de la région. « On a beaucoup d’industrie du sciage, on a aussi beaucoup d’emploi indirect relié à la forêt… c’est beaucoup de famille de concernée par ça », précise Serge Pelletier.

Le préfet de la MRC des Basques se demande quant à lui pourquoi faudrait-il « détruire des familles, détruire des communautés pour envoyer du monde sur la Côte-Nord, alors qu’on vit très bien dans nos coins avec notre industrie. Il faut peut-être trouver d’autres débouchés pour le bois, ailleurs qu’aux États-Unis. »

Se requalifier, mais où?

Selon François Legault, ces employés pourront se requalifier chez Hydro-Québec, dans le domaine éolien ou encore dans les mines… mais dans la région, ça semble presque impossible.

« Requalifier les travailleurs? Moi je penserai à requalifier notre industrie, requalifier également notre chaîne d’approvisionnement et l’utilisation de nos produits », explique un des membres de la Table régionale des élu-es municipaux du Bas-Saint-Laurent, Gérald Beaulieu.

Se préparer à se relever 

Les acteurs du milieu considèrent que ce n’est pas le moment de baisser les bras. Oui, l’industrie vit une crise, mais il faut déjà réfléchir à comment elle va se relever.

« Le domaine forestier est cyclique. Là, on traverse une crise, mais un moment donné on va passer à autre chose et on va avoir une relance dans le domaine forestier. Mais, quand les employés se seront relocalisés ailleurs, ça sera plus difficile de relancer l’industrie forestière », considère le président du Syndicat des producteurs forestiers du Bas-Saint-Laurent, Michel Lepage.

« Ce n’est pas le temps au Québec que le gouvernement nous dise, on baisse les bras. C’est un mauvais message pour les régions, c’est un mauvais message pour cette industrie qui est excessivement importante, on ne le répétera jamais assez », conclut Gérald Beaulieu.

Plusieurs estiment que le gouvernement devrait retourner à la table à dessin pour améliorer le projet de loi 97 visant à moderniser le régime forestier, qui avait été abandonné quelques semaines après le remaniement ministériel.