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Foyer de soins : un cri du cœur pour la dignité des aînés

Publié le 17 septembre 2025 à 16:38, modifié le 18 septembre 2025 à 15:12

Par: Annie St-Onge Marchand

L’état d’un foyer de soins de Saint-Quentin préoccupe. Selon la directrice générale, les lieux ne sont plus sécuritaires pour les résidents. Ce serait difficile d’assurer leur qualité de vie et même leur dignité.

« On ne peut pas offrir la qualité de vie qu’on aimerait », avoue la directrice générale de la résidence Monseigneur Melanson, Erika Bossé.

Le constat est préoccupant : la résidence Monseigneur Melanson n’est pas sécuritaire ni adéquate pour les résidents.

« On parle des gens qui sont plus isolés, des activités qui sont plus difficiles à faire, des soins qui sont plus difficiles aussi. »

Le bâtiment a été construit en 1977 et a connu peu de rénovation depuis. L’hiver, la résidence fait souvent face à des infiltrations d’eau. En raison du manque d’espace, la plupart des résidents doivent être deux par chambre. Les lits sont seulement séparés par un rideau, ce qui compromet leur intimité.

« On parle de résident qui sont dans des chambres où est-ce qu’ils peuvent pratiquement se toucher d’un lit à l’autre. J’imagine qu’on a plus d’espaces dans un lit king que dans nos deux lits avec la séparation inclue », explique Mme Bossé.

Beaucoup sont également obligés de manger dans leur chambre puisque la salle à manger est trop étroite et permet d’accueillir seulement une dizaine de résidents à la fois.

« En plus d’être isolé dans leur chambre, des périodes qui devraient quand même être assez agréables comme les périodes du repas, malheureusement on est restreint aussi dans l’espace qu’on peut leur offrir », mentionne-t-elle.

Les salles de bain sont aussi très petites, ce qui nuit à la sécurité des usagers. Le personnel soignant fait de son mieux pour assurer le bien-être des résidents dans leur milieu de vie. Mais plusieurs sont isolés et aimeraient avoir accès à plus d’espaces communs.

« Ils sont tristes et ils nous disent souvent que ce n’est pas le service qu’ils ont. C’est vraiment l’espace ils ont besoin d’un petit lieu pour eux autres avec un espace de vie au minimum adéquat et ne pas toujours vivre en communauté. Ça devient lourd sur ces résidents-là. »

L’Association francophone des aînés du Nouveau-Brunswick déplore la situation.

« Ce sont des conditions que je ne suis pas certaine que moi en tant que citoyenne de la province que je voudrais accepter. On devrait augmenter nos investissements pour s’assurer qu’on ait les bons soins aux bonnes places pour les personnes âgées », révèle Norma Dubé, présidente de l’Association francophone des aînés du Nouveau-Brunswick.

Ça fait plusieurs années que Erika Bossé demande l’aide des gouvernements. Bien qu’ils se disent à l’écoute, il n’y a pas d’améliorations concrètes.

« Ça fait une vingtaine d’années qu’on demandait des rénovations pour au moins les espaces communs. Aujourd’hui, ça ne serait même pas imaginable étant donné que l’infrastructure est vraiment trop hypothéquée », indique la directrice générale.

Le terrain où est située la résidence Monseigneur Melanson n’est pas assez grand pour permettre un agrandissement. Selon la directrice générale, une nouvelle résidence serait nécessaire pour que les aînés aient un milieu de vie adéquat.