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Énergie éolienne : de petits projets en partenariats avec les agriculteurs?

Publié le 29 juillet 2024 à 16:58, modifié le 29 juillet 2024 à 16:58

Par: Félix Côté

Différents producteurs agricoles de la Gaspésie pourraient se laisser séduire par l’exploitation de petits gisements éoliens sur leurs terres. La rentabilité étant le plus grand problème actuel des producteurs, ce type de partenariat représenterait un revenu supplémentaire important.

Avec le lancement officiel de sa filière éolienne en mai dernier, Hydro-Québec prévoit augmenter son rythme de déploiement de 1 000 à 1 500 MW par année pour ce qui est du secteur éolien pour produire 10 000 MW de plus d’ici 2035. La grande majorité sera exploitée dans de grands parcs, mais Hydro-Québec prévoit également créer des partenariats pour l’ajout de 300 à 350 MW via de petit gisement. Une occasion à saisir, notamment pour les propriétaires de terres agricoles ayant le potentiel éolien.

Plusieurs terres agricoles regorgent d’importants gisements éoliens dans la région et l’installation d’éolienne sur leurs terres semble une approche intéressante. Or, tout dépend de la valeur du partenariat. Selon le président de l’UPA en Gaspésie et aux Îles-de-la-Madeleine, pas question de faire de la simple location de terres.

« Un partenariat c’est un partenariat où tout le monde est dans les bénéfices, les risques, l’investissement. C’est ça un partenariat. »

La rentabilité des entreprises agricoles dans les régions périphériques comme la Gaspésie est l’enjeu principal de l’industrie. Une redevance pour exploiter le gisement sur leurs terres permettrait de réduire le montant du déficit que les producteurs agricoles doivent essuyer.

« Dans le fond on règle de problème, celui des revenus dans les régions périphériques et celui d’augmenter l’énergie électrique au Québec. »

Sylvain Arbour assure que les entreprises agricoles sont ouvertes à la discussion. Il croit que chaque projet doit être étudié pour à la fois joindre les objectifs d’Hydro-Québec et ceux des entreprises agricoles.

« Dans le fond, on ferait partie de la solution. En ce moment le gouvernement est en recherche d’énergie (…) on pourrait aider sous forme d’éolien, d’énergie solaire, de biométhanisation. »

Toutefois, les terres agricoles doivent aussi être protégées. Le président croit que les projets devraient être favorisés à des endroits stratégiques, comme des parcelles moins productives du pâturage.

« C’est certain qu’on ne peut pas utiliser toutes les terres agricoles pour mettre des parcs éoliens (…) ce n’est pas dans toutes les parcelle de terre que tu peux faire ça, tu prends celles qui sont moins productives, on n’en a tous. On s’en va avec ça et on développe. »

Mais pour mettre cette stratégie en place, d’importantes lignes de transport électrique devront être construites.

« Le réseau de transport au Québec a besoin d’amélioration partout. En Gaspésie, présentement on ne peut plus développer d’éolien parce que le réseau est saturé donc il y a une réflexion à faire. »

L’installation de projets éoliens suscite cependant beaucoup de débats dans d’autres régions du Québec. Le président de l’Union des producteurs agricoles et le ministre de l’Agriculture se sont d’ailleurs opposés à la stratégie gouvernementale.