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Droit à l’avortement: le débat fait réagir au Nouveau-Brunswick

Publié le 9 mai 2022 à 16:21, modifié le 9 mai 2022 à 16:21

Par: Mickael Robitaille

Le débat concernant le droit à l’avortement aux États-Unis est surveillé de très près au Nouveau-Brunswick.

C’est l’une des provinces du pays où ça demeure plus difficile d’y avoir accès. Il n’y a plus aucune clinique privée. Au Nouveau-Brunswick, les avortements ne sont pratiqués que dans quelques hôpitaux. «Avant elle pouvait se rendre à Fredericton,  là ce n’est plus possible donc elle doit aller à Moncton, à un des 2 hôpitaux de Moncton qui offre l’avortement, ou à Bathurst. » , mentionne Sylvie Morin, professeure de psychologie à l’UMCE.

« Si je prends par exemple les personnes qui se retrouvent au nord-ouest de la province, dans la région du Madawaska c’est vraiment loin, ce n’est pas tout le monde qui a l’argent pour se rendre là et prendre des congés parentaux. Il y a tellement d’obstacle. » , explique Isabelle Thériault, critique en matière d’égalité des femmes à l’opposition officielle.

Selon plusieurs, les cliniques spécialisées offrent souvent une meilleure expérience.  « Lorsque la personne va à l’hôpital pour un avortement, c’est possible qu’elle soit confrontée à des personnes qui portent un jugement sur son choix et ça va avoir des conséquences sur son expérience. » , indique Mme Morin.

La loi 84-20 fait aussi en sorte que les avortements hors milieux hospitaliers ne sont pas admissibles à un remboursement.  « On est la seule province canadienne ou on ne peut pas avoir d’avortement en dehors des hôpitaux et on est la dernière. On viole la loi canadienne sur la santé et c’est temps que le premier ministre Higgs se réveille. » , explique Mme Thériault.

Depuis 2017, le Nouveau-Brunswick offre toutefois gratuitement le Mifegymiso, mieux connu sous le nom de pilule abortive. La combinaison de médicaments est approuvée pour une interruption médicale de la grossesse jusqu’à 63 jours de gestation. « Ce n’est pas n’importe qui qui est capable ou qui veut nécessairement avoir ça, des fois il faut avoir recours à un avortement chirurgical. » , ajoute la critique en matière d’égalité des femmes à l’opposition officielle.

De jeunes femmes rencontrées trouvent que l’accès à l’avortement chirurgical devrait être élargi. « Déjà que ça ne doit pas être une décision facile, j’imagine que d’avoir un service accessible et pas à la vue de tout le monde serait le mieux. »

« Je trouve peut-être que ça ne fait pas de sens, il devrait y avoir des cliniques peut-être plus proches. »

Si la Cour suprême annule le droit à l’avortement aux États-Unis, plusieurs craignent les répercussions ici, au Canada.