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Nouvelles

Drogue mortelle : Julie Anctil écope d’une sentence de 6 ans de prison

Publié le 14 janvier 2021 à 15:39, modifié le 15 janvier 2021 à 14:52

Par: Fabienne Tercaefs

La sentence est tombée cet après-midi pour Julie Anctil au palais de Justice de Montmagny. La jeune femme accusée d’avoir vendu la drogue qui a provoqué la mort d’Anthony Miville et Marc-Olivier Paquet est condamnée à 6 ans de pénitencier.

Le juge Pierre Rousseau a rendu sa décision peu après 15h cet après-midi. Il a conclu que l’accusée connaissait la dangerosité de la drogue qu’elle a vendue. Julie Anctil savait qu’elle pouvait provoquer la mort et elle a quand même effectué la transaction.

La substance présentée comme MDMA, plus communément appelée Ecstasy s’est révélée être de la MDA, une drogue dure plus forte.

Il condamne la jeune femme originaire de Saint-Jean-Port-Joli à 6 ans de détention dont 4 ans à purger à compter d’aujourd’hui. La peine prononcée réunie les  sentences pour les 4 chefs d’accusation relatifs à la possession et au trafic de stupéfiants auxquels l’accusée a plaidé coupable.

Par cette condamnation le juge reconnait le lien de causalité entre le trafic de drogue et la mort des 2 jeunes hommes et la responsabilité de Julie Anctil dans ces 2 décès. Un axe que la Couronne mettait en avant depuis des mois. «C’était la pièce centrale de ce qui était plaidé depuis ces derniers mois. Je suis satisfait de ça et surtout de la décision sur le facteur aggravant lui-même là où il y a peu de précédent sur cette question-là», explique le procureur François Doyon Gascon.

 

Concernant les familles. Le juge a considéré comme facteur aggravant les conséquences sur les proches des victimes ainsi que les séquelles psychologiques importantes sur Jean-Philippe Caron, l’ami de Marc-Olivier Paquet et Anthony Miville, seul survivant dans cette histoire. Certains membres des familles ont versé des larmes  lors du rappel des faits cet après-midi, mais aucun n’a souhaité s’exprimer sur la décision du juge Rousseau. Aucune réaction non plus du côté de Julie Anctil. L’accusée a 30 jours pour décider avec son avocat si elle fait appel de la sentence ou non.

 

Rappel des faits

En septembre 2019, trois jeunes hommes de la région de L’Islet se sont rendus au Bière Fest de Rivière-du-Loup pour faire la fête.

Anthony Miville, Marc-Olivier Paquet et leur ami ont d’abord été dans un motel de Rivière-du-Loup où ils ont divisé la drogue. Vers 21h, Anthony et Marc-Olivier auraient pris leur portion, tandis que leur ami n’en aurait consommé qu’une partie. Ils se sont ensuite rendus au parc Blais pour fêter l’anniversaire d’Anthony, mais se sentant très mal, ils sont retournés au motel.

Sur place, le jeune qui avait le moins consommé de drogue s’est endormi et c’est à son réveil peu avant 4h du matin qu’il a découvert ses deux amis inconscients et qu’il a appelé les secours.

Le décès d’Anthony Miville a été constaté par les services d’urgence. Marc-Olivier Paquet, qui se trouvait dans un état critique dans le coma, a également perdu la vie après avoir été hospitalisé pendant un mois et demi.

Les substances consommées par Anthony Miville, Marc-Olivier Paquet et leur ami provenaient de Julie Anctil.

Selon les interrogatoires relatés au moment de sa comparution, les trois amis se seraient fait proposer une substance par une connaissance « pour avoir du fun », leur aurait-il dit. Et c’est cet intermédiaire qui est allé chercher 3 grammes de MDMA, chez Julie Anctil pour un montant de 80 $.

Dans sa déposition aux policiers, l’intermédiaire aurait affirmé que le produit avait une apparence inhabituelle et qu’il se présentait sous la forme d’une roche brune. « Là, elle n’était pas en dose. Moi, comment je l’ai eue, je pensais que c’était du hasch. Ça sentait fort comme le « thinner ». C’est coupé avec d’la marde», avait-il affirmé, selon un extrait de la déposition de l’intermédiaire aux policiers, relaté devant la Cour.

Une perquisition a été effectuée au domicile de Julie Anctil. 396 comprimés de méthamphétamines, 0,2 g de MDMA et 580 ml de GHB ont été retrouvés.

Julie Anctil aurait parlé de la dangerosité du produit aux enquêteurs lors son interrogatoire. Dans un extrait de sa déposition aux policiers repris devant la Cour, l’accusée aurait répété que c’était «du poison».

 

En collaboration avec Catherine Pellerin