Des vitres brisées à la Pointe-Duthie, alors que le site n’a plus de conseil d’administration
Publié le 9 octobre 2025 à 09:52, modifié le 9 octobre 2025 à 11:09
Par: Patrick Giguère
Des actes de vandalisme ont été commis ces derniers jours sur le site patrimonial de la Pointe Duthie, à New Richmond. Des roches ont été lancés sur les fenêtres de maisons ancestrales, un geste qui choque l’ancienne présidente conseil d’administration de la corporation. Ces gestes gratuits surviennent alors que l’avenir du site est plutôt incertain…
Selon Danielle E. Cyr, qui a assuré la présidence du conseil d’administration du site entre 2018 et 2024, il ne s’agirait pas de gestes malveillants posés par de grands criminels, mais peut-être d’actes d’initiation.
« Si les gens s’amusent à casser des vitres en lançant des roches, bien, c’est une perte de patrimoine. Il n’y a pas gains là-dedans », s’attriste de la situation.
Le maire de New Richmond, Éric Dubé, relativise l’événement, tout en reconnaissant qu’il s’agit d’un geste déplorable.
« Je comprends que c’est la deuxième fois en 25 ans, il ne faut pas dire que c’est une épidémie. Je comprends qu’il y a eu trois vitrines qui ont été cassées. On trouve toujours malheureux. »
Qui plus est, ces événements surviennent alors qu’il n’y a plus de conseil d’administration pour assurer la gestion du site depuis décembre dernier.
« À mon avis le projet n’est pas mort, mais ça va prendre du leadership pour le continuer », pense Christian Cyr, qui a lui aussi été sur le conseil d’administration pendant quelques années.
Ces dernières années, les efforts du comité ont été davantage dirigés vers la recherche de financement pour restaurer les bâtiments et les convertir en unités de location touristique que sur le bénévolat. Le site, qui reproduit un village gaspésien d’origine britannique, a ouvert ses portes dans les années 1980. Il comprend 21 bâtiments construits entre 1775 et 1910.
« On s’en rendu jusqu’en 2023-2024, puis, après toutes ces années d’efforts la les gens autour de la table étaient un peu exténués et les gens se sont retirés graduellement. »
« Chaque maison, quand la publicité est bien faite, peut rapporter entre 15 et 16 mille dollars par été », renchérit Mme Cyr.
Avant de quitter la région, celle qui a porté la corporation à bout de souffle a envoyé plusieurs lettres aux partenaires, dans l’espoir de mobiliser une relève et de sauver le site chargé d’histoire.
« On dira qu’il n’y a pas de volonté commune de sauver le site. S’il y en a une, il n’y a pas de porteur de dossiers.»
«Ça prend une équipe qui a de l’expertise dans le développement et dans l’opération récréotouristique pour prendre ça en main», mentionne Christian Cyr.
Le maire ne reste pas les bras croisés devant cette situation.
« Avoir un lieu inanimé c’est toujours triste, c’est pour ça qu’on garde un œil là-dessus. La Ville a été impliquée dans le parc régional, on n’en veut pas un deuxième. On va laisser la communauté se mobiliser là-dedans.»
La Pointe Duthie est un phare du patrimoine régional, mais aujourd’hui, sans gardien, ce morceau de l’histoire locale pourrait bien s’éteindre avec une partie de la mémoire de la Gaspésie.