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Des végétaux pour protéger les poissons de la rivière Ouelle

Publié le 27 août 2019 à 17:28, modifié le 27 août 2019 à 17:28

Par: Marie-Eve Cloutier

La rivière Ouelle est l’une des plus importantes frayères pour l’éperlan arc-en-ciel. Malheureusement, la sédimentation du cours d’eau menace l’habitat du poisson. Des initiatives se mettent en place pour donner un coup de pouce à l’espèce.

Certains terrains de propriétaires riverains de la rivière Ouelle s’effritent à vue d’œil. L’érosion entraîne l’accumulation de sédiment au fond de l’eau. Un phénomène qui nuit à la survie de l’éperlan arc-en-ciel, alors que 75 % de toutes les superficies de frai du poisson au sud de l’estuaire du Saint-Laurent sont situées dans cette rivière.

« L’éperlan pond ses œufs sur un substrat rocheux. S’il y a une couche de sédiments sur la roche, l’œuf ne peut pas y adhérer. Si la pondaison a déjà eu lieu, la matière en suspension vient calfeutrer les frayères et asphyxier les œufs », explique Véronique Dumouchel, directrice générale d’OBAKIR, l’organisme de bassins versants de Kamouraska, L’Islet et Rivière-du-Loup.

L’éperlan arc-en-ciel est d’ailleurs susceptible d’être menacé au Québec selon le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs. D’autres espèces de poisson sont également affectées par la sédimentation de la rivière, notamment le saumon de l’atlantique, le bar rayé et l’anguille d’Amérique.

Des végétaux à la place des roches

L’enrochement mis en place par des propriétaires n’a pas tenu le coup. Par endroit, il est même possible de voir des amas de roches qui se sont accumulées dans la rivière après être tombées.

« C’est une solution qui fonctionne à court ou à moyen terme. Éventuellement, avec la dynamique des rivières, les enrochements peuvent décrocher un peu comme les terrains. C’est une solution qui peut mener même à l’accentuation de l’érosion », soutient Philippe Labonté-Demers, chargé de projet chez OBAKIR.

Pour l’organisme de bassins versants, la solution passe plutôt par la remise à l’état naturel des berges. OBAKIR viendra en aide aux riverains qui sont prêts à s’investir pour protéger l’habitat du poisson en leur proposant un aménagement. Le groupe a reçu récemment une subvention de plus de 42 000 $ de la part du Secrétariat à la stratégie maritime et le Regroupement des organismes de bassins versants du Québec pour la réalisation de ce projet, dans le cadre du Programme Affluents Maritime.

« Il se peut que les gens décident de passer la tondeuse dans la bande riveraine ! Mais, on espère que ça ne va pas arriver. C’est pour cette raison que nous allons accompagner les gens dans leur démarche et leur proposer des aménagements », ajoute Philippe Labonté-Demers.

Une trentaine de citoyens se retrouvent dans la zone ciblée. Déjà plus de la moitié ont décidé de s’impliquer. De plus, une soirée d’information aura lieu à 19 h le 26 septembre à la salle du Tricentenaire, à Rivière-Ouelle.

Les premiers végétaux seront plantés cet automne. Le projet doit se poursuivre jusqu’au printemps 2020.