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Cuisine de rue à Paspébiac: un restaurateur critique la bureaucratie municipale

Publié le 26 août 2025 à 19:58, modifié le 27 août 2025 à 08:42

Par: Patrick Giguère

La cuisine de rue est-elle la bienvenue à Paspébiac? C’est ce que se demande le propriétaire du Bangkok foodtruck, basé à Moncton au Nouveau-Brunswick.

Courriels et appels sans retour, menaces de révoquer le permis de colportage à la dernière minute : le propriétaire du restaurant mobile se demande pourquoi les échanges sont si difficiles avec l’administration municipale, lui qui ne se voit aucunement comme un compétiteur déloyal avec les autres joueurs du territoire.

« On aime bien aller à Paspébiac et dans la région de Newport, les gens sont super sympathiques », lance Randy O’Brien.

Le restaurant mobile est bien connu dans la Baie-des-Chaleurs. Il s’installe quelques fois par année sur un terrain, situé à la sortie de la ville de Paspébiac, afin d’offrir ses plats thaïlandais.

« On est venu sept fois en 2025 à Paspébiac. (…) Il y a des commentaires négatifs qui disent qu’on fait perdre de l’argent à des restaurants locaux. On ne voit pas ça comme ça. Si tu as envie de manger du thaï et que le thaï n’est pas là, ça ne veut pas dire que tu vas aller au Dixie Lee, tu vas peut-être rester à la maison», illustre-t-il.

Depuis juillet, l’homme d’affaires aurait de plus en plus de difficulté à obtenir ses permis de colporteur.

Randy Obrien devait s’arrêter dans les prochains jours dans la municipalité de Paspébiac ainsi qu’à Newport, mais a dû revoir ses plans puisqu’il n’a pu obtenir une réponse du département d’urbanisme de Paspébiac que vendredi dernier, après plus de deux semaines de démarches infructueuses.

« Je pense qu’il était 16h55, cinq minutes avant que le bureau ferme, le message disait que Paspébiac allait abolir les permis pour les foodtrucks, et qu’il ne pouvait pas nous donner de permis pour venir cette semaine.»

Sur sa page Facebook, le conseiller municipal et candidat à la mairie, Jérémy Laplante, s’est dit surpris d’apprendre cette information, n’ayant jamais été avisé de la situation alors qu’il est lui-même membre du comité de travail sur les camions-restaurants.

L’élu a déploré le manque de transparence et de communication dans cette affaire.

«Un fonctionnaire a bel et bien refusé d’émettre un permis sous prétexte que le conseil municipal allait bientôt être convoqué à une séance extraordinaire dans l’objectif de revoir la réglementation au sujet des camions-restaurants. (…) Le conseil n’a pris aucune décision dans ce dossier, mais qu’une initiative a été prise par un fonctionnaire chargé d’appliquer le règlement actuel», a-t-il publié lundi.

M. Laplante croit que le conseil municipal aurait dû être informé de la situation le plus tôt possible.

« Le maire(…) a visiblement eu certaines discussions sur le sujet. En ce sens, oui, je pense toujours qu’il y a eu un manque de transparence ou, au minimum, de communication dans ce dossier. Comme vous, j’étais donc très confus hier [dimanche].», a précisé M. Laplante.

Le mois dernier, à la veille de l’émission de son permis, le département de l’urbanisme a exigé à M.Obrien de fournir de nombreux documents, sans quoi son permis serait révoqué.

« Normalement, on soumet les documents de la dernière année, parce que ça ne vaut pas la peine d’envoyer les mêmes documents si ça ne change pas. Ils ont accepté ça pour les permis antérieurs. Et tout d’un coup au mois de juillet, ils ont dit : Ok. il était 16h42, on vient le jour suivant, si vous ne pouvez pas nous soumettre tous ces documents avant la fin de la journée, on va vous rembourser votre permis», raconte le restaurateur, qui se demandait à se moment comment il allait faire pour transmettre la documentation dans un court laps de temps.

Le propriétaire du camion de rue reste sur sa faim à la suite des derniers échanges qu’il a eu avec les fonctionnaires municipaux.

« Je ne sais pas encore comment le prendre… J’aimerais le voir face à face pour peut-être prendre un café, savoir ce qui se passe et pourquoi ça se passe comme ça. Habituellement, nous, on est de bonne humeur et on essaie de suivre les règles», conclut M.Obrien.

Nous avons tenté de recueillir la version des faits de la municipalité, sans succès.