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CRYOTHÉRAPIE | 312 patientes rongées par l’inquiétude

Publié le 10 janvier 2019 à 17:08, modifié le 10 janvier 2019 à 17:31

Par: Carl Vaillancourt

Plus de 300 femmes vivent dans l’inquiétude ce soir. Le CISSS du Bas-Saint-Laurent a annoncé aujourd’hui que 312 patientes ayant subi des traitements de cryothérapie à la clinique de gynécologie de l’Hôpital de Rivière-du-Loup pourraient avoir été contaminées.

Durant près de sept ans, la clinique de gynécologie du Centre hospitalier régional du Grand-Portage ne désinfectait pas selon les normes le matériel utilisé pour les traitements de cryothérapie. Résultat : des femmes ont été informées par les médias qu’elles pourraient avoir contracté une maladie infectieuse telle que le VIH ou l’hépatite B durant leur traitement. De quoi les inquiéter.

« Présentement, je vous dirais que je suis un peu sous le choc. Il y a certain risque de contamination, on ne se cachera pas si les instruments étaient mal désinfectés, il y a peut-être, le risque est à 1 sur 100 000, mais est-ce que je suis le 1 sur 100 000 qui fait en sorte que je suis peut-être contaminée par une maladie X», a expliqué la femme qui a eu des traitements entre 2013 et 2016, alors qu’elle n’était âgée que de 16 ans.

Elle n’est pas la seule dans cette situation. Une autre femme qui réside dans la région de Rivière-du-Loup ne comprend pas comment il se fait qu’elle ait apprise l’information par les médias et non par le CISSS du Bas-Saint-Laurent.

Depuis 2016, cette dernière est au prise avec un problème de colite ulcéreuse sévère. Elle se demande s’il y a un lien avec les traitements suivis en 2013 et 2014.

« On dit que l’erreur est humaine, mais quand nous parlons médical il n’y a pas vraiment de place à l’erreur. J’espère qu’on sera dédommager pour nos déplacements et pertes de temps pour ces nouveaux tests à faire. Et jusqu’où vont ces infections ? J’ai une maladie inflammatoire depuis 2016, est-ce que ça peut avoir un lien ? Cette annonce suscite beaucoup d’interrogations», a-t-elle soutenue.

Entre le 1er janvier 2011 et le 15 novembre 2017, 312 patientes ont reçu le traitement qui utilise de l’azote liquide pour éliminer des tissus précancéreux du col utérin. Si cette jeune femme venait à être contaminée, elle n’hésiterait pas à poursuivre le système.

« De vivre avec une maladie X par exemple, une I.T.S.S ou même le VIH, le sida, ça limite vraiment la vie de quelqu’un, puis ça brime dans l’intégrité personnelle.»

Bien que le risque de contamination soit faible, les maladies infectieuses contractées peuvent s’avérer graves.

«Essentiellement, c’est l’hépatite B et L’hépatite C ou le VIH. Donc, à ce moment-là, ça va impliquer d’avoir une évaluation avec un spécialiste en maladies infectieuses, puis de regarder au niveau de l’infection si elle est active, si elle est active, si elle est latente ou dormante et quel genre de traitement peut être mis en place», a tenu à expliquer le directeur des services professionnels du CISSS du Bas-Saint-Laurent, Dr. Jean-Christophe Carvalho.

Les 312 femmes concernées recevront un appel du CISSS pour les informer de la situation. Elles devront par la suite réaliser des tests sanguins ainsi qu’un examen gynécologique afin de s’assurer qu’elles n’ont pas contracté une maladie infectieuse.

Ce n’est pas la première fois que le Centre intégré de santé et de services sociaux vivent des difficultés avec le traitement accordé à sa clientèle.

En juin dernier, une vingtaine de patients atteints du cancer logés dans les hôpitaux de Rimouski, Amqui et Matane avaient reçu de mauvaises doses durant leur traitement d’immunothérapie.

Les responsables du CISSS du Bas-Saint-Laurent avaient corrigé rapidement la situation. Ils avaient également assuré qu’aucun impact négatif ne découlait de cet écart.