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Couronne et défense ont terminé leurs plaidoiries au procès de Denis Picard

Publié le 25 mars 2021 à 12:55, modifié le 25 mars 2021 à 14:05

Par: Guillaume Cotnoir Lacroix

Les plaidoiries sont maintenant terminées dans le cadre du procès pour meurtre au premier degré de Denis Picard. Il est accusé d’avoir tué Colette Émond le 5 juin 2017, dans un logement de La Pocatière.

Dans un premier temps, la procureure de la Couronne, Me Manon Gaudreau, a rappelé aux 14 jurés que l’accusé avait admis avoir commis un acte illégal, et que cet acte illégal avait causé la mort de Colette Émond, le 5 juin 2017.

Elle a rafraîchi la mémoire du jury sur le témoignage de l’ex-conjointe de l’accusé, qui avait expliqué que Denis Picard était dans un état normal au début de la journée et sur l’heure du dîner, bien qu’il semblait avoir consommé une bière.

Intention

Me Manon Gaudreault a ensuite guidé le jury quant à la théorie de la Couronne sur l’intention de tuer.

Selon la Couronne, l’information transmise par Picard à son ex-conjointe selon laquelle il souhaitait être payé pour un contrat de peinture ne tient pas la route puisqu’un chèque avait été adressé au nom de Denis Picard par Colette Émond.

Me Gaudreau a également rappelé que de l’argent a été trouvé dans les effets personnels de Colette Émond le 5 juin 2017. Elle a donc demandé au jury s’il était raisonnable de croire qu’elle souhaitait payer Denis Picard « en nature ».

Elle a notamment demandé au jury de se questionner à savoir si l’accusé aurait raconté l’histoire à son ex-conjointe si cette dernière n’avait pas vu son véhicule stationné chez la victime plus tôt dans la journée. Et s’il avait raconté l’histoire si cette même ex-conjointe ne l’avait pas confronté à deux reprises à son arrivée à la maison.

Me Gaudreau a rappelé à nouveau le témoignage de Sonia Castonguay, dans lequel elle a révélé que Picard lui avait fait ses adieux, ainsi qu’à son chien et aux enfants de sa conjointe, ce qui démontre selon la poursuite qu’il était conscient des conséquences de son geste.

Elle a conclu cette portion de la plaidoirie en demandant au jury, en fonction du nombre de coups portés et de la force de ces coups, s’il était raisonnable de croire que Denis Picard ne connaissait pas les conséquences de ces coups.

Agression sexuelle

Me Gaudreau a poursuivi son adresse au jury en expliquant qu’il existe des preuves de contacts sexuels entre Denis Picard et Colette Émond, et que cette dernière ne peut dire si ces relations étaient consensuelles ou non.

Elle a donc demandé au jury de se baser sur les preuves pour tirer leurs propres conclusions et inférences.

La procureure a notamment rappelé que le pantalon de jeans de la victime était complètement retourné et qu’un soulier se trouvait toujours dans ce pantalon. Elle a proposé au jury de se demander s’il était raisonnable de penser qu’une personne âgée de 75 ans ait pu faire ça d’elle-même. Elle a également évoqué l’ADN de la victime trouvé à l’intérieur du caleçon de Denis Picard.

Au terme de sa plaidoirie, Me Gaudreau a demandé au jury de déclarer Denis Picard coupable de meurtre au premier degré.

La défense répond

L’avocat de la défense, Me Félix-Antoine Doyon, s’est ensuite adressé au jury pendant plus d’une heure.

Il a notamment plaidé qu’il existait selon lui un doute raisonnable sur l’intention de Denis Picard de tuer. Il a plaidé qu’il n’était pas possible d’exclure que Colette Émond ait pu inviter Denis Picard chez elle, le 5 juin 2017.

Il a également soumis au jury que selon lui, l’accusé avait collaboré à l’enquête avec les policiers. Il a également émis des doutes sur la crédibilité du témoignage de la biologiste et experte en projections de sang Jacinthe Prévost, et a demandé au jury de ne pas se fier uniquement à son curriculum vitae.

Il a rappelé qu’aucune trace d’ADN de l’accusé ne s’était retrouvée sur le t-shirt ou les pantalons de jeans de la victime, il a donc soumis au jury qu’il n’était pas impossible que Colette Émond se soit dévêtue par elle-même.

Quant à l’ADN de Colette Émond trouvée sur le caleçon de l’accusé, Me Doyon a rappelé au jury qu’aucune expertise n’avait été réalisée à savoir s’il s’agissait de salive ou de sécrétion vaginale.

Il a insisté sur la notion de doute raisonnable à plusieurs reprises pendant son monologue adressé aux 14 jurés.

La juge Manon Lavoie va dicter ses consignes au jury lundi prochain, les délibérations pourront alors commencer en vue d’un verdict.