Construction : beaucoup de diplômes peu d’emplois
Publié le 3 mai 2024 à 15:27, modifié le 3 mai 2024 à 15:49
Par: Félix Côté
Plusieurs diplômés du domaine de la construction sont incapables de se trouver un emploi, malgré que Québec répète qu’il manque de travailleurs dans ce domaine. Les nombreuses mesures du gouvernement et le nouveau projet de loi seraient-ils mal adaptés à la réalité régionale?
Mégane Lantin est diplômée en conduite d’engin de chantier depuis maintenant sept mois mais elle ne réussit pas à se trouver un emploi dans sa région. Son inexpérience refroidi les employeurs, or impossible pour elle d’en gagner sur les chantiers.
« En sortant de l’école, il faut qu’il y ait quelqu’un qui nous donne notre chance. Parce que si personne ne nous la donne qui va remplacer les vieux qui prennent la retraite. C’est vraiment une roue sans fin », déclare-t-elle.
Le projet de loi 51 prévoit permettre aux travailleurs des autres régions du Québec d’appliquer sur les mêmes postes que Mégane, réduisant encore plus ses chances de faire le métier pour lequel elle rêve depuis toujours.
« Ça, je trouve que ça n’a pas de bon sens. On n’a déjà pas d’ouvrage en Gaspésie, et là ils veulent venir nous enlever par le monde de l’extérieur. Vous avez déjà de l’ouvrage chez vous, rester chez vous », lance Mégane Lantin.
Dans le domaine de la construction, des programmes d’accès à l’emploi sont aussi réservés aux femmes. Malgré tout, encore une fois, cette mesure ne semble pas aider Mégane à conduire un engin de chantier.
« Je n’ai pas beaucoup de contraintes à l’emploi, ça serait censé être plus facile, mais ce n’est pas plus facile », explique la jeune diplômée.
En novembre dernier, le gouvernement du Québec créait des formations de courte durée rémunérées, afin d’attirer plus de main d’œuvre dans le domaine. Pour, Mégane Lantin, ces diplômés auront encore moins de chance qu’elle d’être embauchés, car leur formation est moins étoffée.
« Moi, je pense qu’ils vendent vraiment du rêve au monde. Ils leur disent qu’ils seront capables de se trouver de l’ouvrage et qu’ils sont en manque de main-d’œuvre. Non… Ce n’est pas vrai que vous êtes en manque de main-d’œuvre parce qu’on vous envoie des CV et on n’est pas engagé. Il y a quelque chose qui ne marche pas quelque part », lance-t-elle.
Tout comme Mégane Lantin de nombreux diplômés des métiers de la construction vivent le même problème. Selon eux les mesures ne sont pas adaptées à la situation réelle dans l’industrie de la construction. Ils dénoncent le manque de confiance des employeurs envers les jeunes diplômés et jugent qu’ils auraient intérêt à investir en eux pour l’avenir de l’industrie de la construction.