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Compressions en santé : inquiétudes pour le CLSC de Pohénégamook

Publié le 11 février 2025 à 18:30, modifié le 12 février 2025 à 08:03

Par: Catherine Pellerin

Au tour de la population du Transcontinental d’être inquiète des compressions en santé. La possible fermeture du laboratoire du CLSC de Pohénégamook entre 16h et 20h, fait craindre le pire pour l’avenir de l’urgence.

Plusieurs manifestations ont déjà été organisées, notamment en 2012. Les années passent, mais les inquiétudes restent.

« On se bat pour l’urgence, ça fait minimum 25 ans », lance Guylaine Sirois, l’ancienne préfète de la MRC du Témiscouata.

« Qui sont inquiets à l’intérieur du CLSC? À peu près tous les employés, de tous les départements», ajoute Louise Lemieux, l’ancienne porte-parole du Comité Santé du Transcontinental.

Ce groupe de citoyens s’implique depuis des années pour conserver leurs services en santé. Ils sonnent de nouveau l’alarme.

« On est toujours en perte de services. On est petit, on le sait, on coûte cher, mais on a le droit à nos services », mentionne Danielle Bouchard, la présidente du Comité des usagers du Témiscouata.

« C’est inquiétant. Ce qui se passe quand il y a des rumeurs de coupures, pour moi, c’est le début de la fin » soutient pour sa part Marie-Claude Ouellet, la gestionnaire par intérim, de la Résidence Saint-Vallier, située tout juste à côté du CLSC.

Le CISSS du Bas-Saint-Laurent n’a rien confirmé pour l’instant, mais ils estiment que le possible transfert des deux technologistes médicaux à l’Hôpital de Notre-Dame-du-Lac augure très mal.

« Ce n’est pas en fermant le laboratoire qu’on va aider au contraire », déclare Guylaine Sirois.

L’APTS du Bas-Saint-Laurent affirmait ce lundi que cette situation était causée par « une pénurie criante de technologistes médicaux. »

« On est conscient que le laboratoire de Notre-Dame du lac, il faut qu’il reste ouvert. Mais nous, on doute du moyen de recrutement. Est-ce qu’ils offrent juste du temps partiel? » se questionne Mme Bouchard.

Si l’urgence de Trois-Pistoles est menacée de fermeture la nuit, il serait étonnant, selon eux, que celle de Pohénégamook soit épargnée par les compressions budgétaires. « Ce n’est pas Trois-Pistoles qui a été ciblé pour fermer il y a des années, ça toujours été Pohénégamook », se souvient Louise Lemieux.

Si jamais ce scénario se concrétise, il faudra au moins une heure, avec les délais ambulanciers, pour se rendre à l’hôpital le plus près.

« Avec 32 résidents en perte d’autonomie qui sont là, on ne peut pas se permettre d’avoir une réduction de service », témoigne Gilles Noël, qui est administrateur de la corporation pour Les Habitations Jules-Édouard et la Résidence l’Arc-en-ciel.

Plusieurs considèrent que les coupures ne sont pas effectuées aux bons endroits.

« Depuis plusieurs années, nous sommes conscients que le gouvernement, peu importe le parti au pouvoir, amène avec lui des réformes et de nouvelles façons de faire, pour améliorer, moderniser, structurer, faciliter l’accès aux usagers et augmenter les services. Mais depuis bien longtemps, chaque gouvernement, l’un après l’autre, n’a cessé d’augmenter le nombre de postes de cadres et de personnel dans les bureaux, en diminuant le personnel dans les services directement aux usagers », affirme le maire de Pohénégamook, Benoit Morin.

Une urgence essentielle

Tout comme à Trois-Pistoles, plusieurs citoyens témoignent de l’importance de maintenir l’urgence ouverte, 24 heures sur 24.

Vendredi dernier, un homme de 53 ans s’est présenté sur place en soirée. Francis Fournier a fait un arrêt cardiaque et le personnel a réussi à le réanimer, après un massage cardiaque d’au moins 30 minutes.

« C’était mon père, mais ça peut être n’importe qui. Ça coûte cher, je comprends totalement, mais je ne pense pas qu’une vie a une valeur. C’est important de préserver la santé et la vie de chaque personne », affirme sa fille, Cassandra Fournier.

Continuer de se battre

Pour ce groupe de citoyens, pas question d’attendre que la décision du CISSS du Bas-Saint-Laurent soit prise pour lancer un message clair.

« Ça fait longtemps qu’on se bat, mais on va continuer à se battre, on ne baissera pas les bras, c’est trop important », assure Louise Lemieux.

« S’il faut, on va bloquer la route, on va prendre tous les moyens qu’il faut pour se faire entendre », promet Guylaine Sirois.