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Comprendre le délestage au Bas-Saint-Laurent

Publié le 2 mars 2021 à 17:48, modifié le 2 mars 2021 à 18:29

Par: Guillaume Cotnoir Lacroix

Le délestage imposé par le ministère de la Santé a eu des impacts importants au Bas-Saint-Laurent. Environ 450 personnes étaient en attente d’une chirurgie depuis plus de 6 mois en date du 19 février.

Sylvie Lévesque fait partie de ces victimes du délestage. En attente d’une chirurgie bariatrique, depuis plus d’un an à l’hôpital de Rivière-du-Loup, elle se dit victime d’une injustice.

« Je suis debout, immobile, et je ne me sens plus les jambes et je ne me sens plus les pieds », explique-t-elle, au bord des larmes. La chirurgie bariatrique vise à offrir une perte de poids substantielle aux patients.

« Pour les patients qui attendent, c’est sûr que ça peut causer des désagréments. Par contre si on ne met pas les efforts à contrôler la pandémie quand on a des cas, bien à ce moment-là on pourrait être à risque d’avoir des flambées de cas encore plus importantes », explique le Dr Jean-Christophe Carvalho, PDG adjoint au CISSS du Bas-Saint-Laurent.

Mais comment expliquer qu’un hôpital comme celui de Rivière-du-Loup, qui n’a presque pas traité de patients atteints de la COVID, ait pu prendre autant de retard dans ses chirurgies? En date du 19 février, 110 personnes étaient en attente d’une chirurgie depuis plus de six mois pour ce seul établissement. Ce chiffre ne dépassait pas 20, au début de la pandémie, pour tout le Bas-Saint-Laurent.

« On ne peut pas nécessairement bouger le personnel comme on le faisait avant pour éviter la propagation si jamais il y avait des cas. Ça fait en sorte qu’on a un peu moins de lits disponibles à l’hôpital pour les patients qui se font opérer et qui ont besoin d’être couchés dans un lit par la suite. » Dr Jean-Christophe Carvalho, PDG adjoint du CISSS du Bas-Saint-Laurent

Mais plusieurs autres facteurs ont contribué à amplifier les délais. Les infirmières et le personnel des blocs opératoires ont parfois été déplacés dans des établissements en éclosion, dans des centres de dépistage ou encore aux soins intensifs. Une tâche qui n’a pas toujours été facile selon la présidente régionale du syndicat des professionnelles en soins, Cindie Soucy.

« C’est ça que ça veut dire le délestage. On prend une infirmière et on la déloge complètement d’où elle est habituée, de sa compétence, pour la mettre dans un autre centre d’activités où elle doit réapprendre la compétence pour être à jour », explique-t-elle.

Après avoir côtoyé de près la COVID-19, le personnel médical devait aussi respecter plusieurs consignes avant de regagner leurs postes.

« Quand on décide de réduire ou de fermer une structure COVID, bien ça peut prendre des fois 7 à 10 jours avant d’être capable de redémarrer les services vers lesquelles les ressources doivent être distribuées. Donc ça, ça fait partie des enjeux », note le Dr Carvalho.

C’est le ministère de la Santé, et non les CISSS régionaux, qui a émis la consigne de réserver des lits d’hôpitaux pour d’éventuels patients COVID. Selon la présidente du syndicat des professionnelles en soins au Bas-Saint-Laurent, une portion du délestage dans la région aurait pu être évitée.

« Avec du recul on peut croire que ça n’aurait pas dû être du mur à mur, mais de s’adapter à chaque région. Et que chaque région aurait dû gérer sa propre pandémie », avance Cindie Soucy.

L’hôpital de Rivière-du-Loup reprend graduellement le rythme de ses chirurgies alors que la COVID prend un léger recul, mais la situation épidémiologique de la région dictera la suite pour les patients sur une liste d’attente.

Les patients atteints de cancer aussi touchés

Le PDG adjoint du CISSS, Jean-Christophe Carvalho n’a pas nié que le délai avant d’opérer un patient atteint de cancer avait augmenté en raison du délestage. Le CISSS vise à opérer 99% des patients atteints de cancer dans un délai de 56 jours. Or, ce chiffre a chuté à un certain moment à 86%, mais serait de nouveau en hausse.

Le délestage a aussi occasionné des retards sur le dépistage des cancers du sein et du côlon, une situation qui serait en voie d’être réglée. Malgré tout, le nombre de cancers qui ont fait l’objet d’une opération a augmenté en 2020 par rapport à 2019.