Chats errants : des citoyens et des organismes sonnent l’alarme
Publié le 25 septembre 2024 à 17:22, modifié le 26 septembre 2024 à 16:40
Par: Catherine Pellerin
Le Kamouraska est loin d’être la seule région touchée par le problème des chats errants. Plusieurs organismes et citoyens dénoncent vivement l’inaction des municipalités et des gouvernements.
Une colonie de 30 à 50 chats sauvages se trouve par exemple dans la municipalité de Saint-Damase-de-L’Islet.
Notre équipe a pu en apercevoir quelques-uns âgés environ de 4 mois. Craintifs, ils se cachaient dans les arbres, près d’une rivière. D’autres se trouvaient chez l’un des résidents, qui leur offre chez lui de la nourriture. Les félins ne cessent de se reproduire.
Même situation à Mont-Carmel, au Kamouraska. Janette Bossé nourrit une dizaine de chats, parfois mal en point, qui viennent chez elle chaque jour.
« Ils sont affamés, ils ont faim, ils sont blessés. Ce sont des chats qui recherchent un refuge », affirme Mme Bossé. « Quand les gens vont comprendre que tout passe par la stérilisation, on va avoir la moitié du problème qui sera réglé »
Des fermes se retrouvent aussi constamment avec des chats abandonnés.
« Je trouve que c’est un gros problème qui ne se règle pas », affirme une productrice agricole, qui a préféré garder l’anonymat, par crainte d’être forcée par le MAPAQ de se débarrasser de sa vingtaine de chats.
Tout au long de l’année, particulièrement le 1er juillet, de nouveaux animaux sont laissés devant sa porte.
Par amour pour les animaux et pour avoir la conscience en paix, elle a choisi de payer environ 5 000 $ depuis 5 ans pour stériliser une bonne partie des félins sur sa ferme.
« J’ai investi de ma poche. Plusieurs personnes trouvent que je suis malade de faire ça, mais à un moment donné, tu n’as pas le choix. La surpopulation, ce n’est pas long que ça s’accouple. C’est deux mois et demi de gestation, un chat. Si elle a six chatons, dans une année, ça monte vite », déclare-t-elle.
« Je suis la seule ressource dans le coin »
Une dame de Tourville a dépensé pour sa part des milliers de dollars, dans les dernières années, pour sauver une centaine de chats.
« Je suis la seule ressource dans le coin. Tout le monde m’appelle. Si je n’y vais pas, ils disent qu’ils vont s’en débarrasser à l’ancienne méthode », témoigne Manon Deschênes. Elle les capture, les fait stériliser et les socialise si nécessaire, avant qu’ils soient mis en adoption à la boutique C.A.R.A. de La Pocatière.
« J’ai sonné l’alarme plusieurs fois, parce que je n’ai pas de ressources », raconte la dame, qui se dit essoufflée.
Elle doit en plus se battre contre le MAPAQ, car elle n’a pas les permis pour être considérée comme un refuge. Dans la dernière année, elle a reçu deux amendes de 2 500 $.
« Au lieu de me donner des ressources et de m’aider à trouver une solution, j’ai des amendes », déplore la dame.
Le gouvernement du Québec interpellé
Une réforme de la gestion animalière au Québec est réclamée, notamment par l’Organisme pour la protection des chats.
« On a voté des lois de bien-être animal, mais on est un peu dans le néant parce que les municipalités ne sont même pas équipées pour y répondre. Elles sont en absence de réglementation, pour certaines, concernant les chats errants », déclare la présidente, Sarah Gauthier Kirouac.
Situé à Québec, l’organisme à but non lucratif tente de faire de la sensibilisation et veut porter la voix des animaux, plus particulièrement celles des chats errants et abandonnés. Les responsables donnent une aide précieuse notamment à Manon Deschênes, de Tourville.
« C’est plus grand que nous, les refuges, les sauveteurs et les organismes en ce moment…on a besoin d’aide du gouvernement », poursuit-elle. « Derrière tout ça, il y a aussi beaucoup de détresse humaine, des citoyens qui sont sans ressources. On voit de la détresse sur le terrain. »
« Il y a des lois qui existent pour les chats errants, mais pourquoi elles ne sont pas appliquées? Ça fait mal au cœur, ça fait vraiment mal au cœur, que personne ne puisse rien faire », ajoute Janette Bossé.
« C’est un problème collectif », affirme pour sa part Manon Deschênes.
Tous ont le même message : les municipalités et le gouvernement devront investir et trouver des solutions.
« Je veux lancer un SOS. Ce n’est pas juste une personne qui va s’en occuper. Il faut que ce soit l’ensemble de la population et l’ensemble des municipalités », implore Mme Bossé.
« Qui va m’aider à les aider, si tout le monde se lance la balle? », se questionne Mme Deschênes.
Plusieurs se désolent également que le projet de SPA qui devait voir le jour à Rivière-du-Loup ait été abandonné, faute d’appui de la part des municipalités. Les promoteurs souhaitaient que l’organisme desserve l’ensemble du KRTB.