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Blocus à Listuguj : le camion à défaut du train

Publié le 17 février 2020 à 16:06, modifié le 17 février 2020 à 16:06

Par: Louis Laflamme

Pour une huitième journée d’affilée, la voie ferrée est assiégée par les manifestants mi’gmaq de Listuguj. Le transport ferroviaire est encore paralysé, comme partout au pays. Et pendant que plusieurs prennent leur mal en patience en attendant que la situation se règle, d’autres réussissent à en tirer profit.

Il s’agit de la huitième journée du blocus mené par des membres de la communauté de Listuguj. Huitième journée de paralysie du transport ferroviaire et, de facto, d’une partie de l’économie régionale. « On évalue peut-être à une centaine de milliers de dollars les revenus qu’on n’aura pas », lance le président de la Société du chemin de fer de la Gaspésie, Éric Dubé.

Le blocage met aussi la sécurité d’emploi de plusieurs travailleurs de la Société en jeu. Mais pas de panique pour le moment, selon le président.

« Pour maintenant, on n’envisage pas de mises à pied… pour cette semaine. Je dis bien pour cette semaine parce qu’on réévalue la situation à tous les jours. Et on suit ce qui se passe aux niveaux fédéral et provincial », explique Éric Dubé.

« On parle de 15 à 20 employés qui pourraient être touchés à moyen terme si ça perdure dans le temps », ajoute-t-il.

Et plus le temps avance, plus les sites de transbordements se saturent.

« Présentement, il n’y a plus aucune activité dans les centres de transbordement. Là, notre convoi de palles d’éoliennes est chargé, il est plein. Tous nos wagons de ciment sont pleins aussi aux deux sites, soit à New Richmond et Nouvelle. Et après ça, nos wagons qui pouvaient être remplis de copeaux ou de bois d’oeuvre chez Temrex, ils le sont aussi », explique le président de la Société du chemin de fer.

« La demande est beaucoup plus forte », lance le copropriétaire de Transport Philippe Day, Sébastien Bernard.

Mais pendant que le train est paralysé, d’autres réussissent à en tirer profit. C’est le cas des transporteurs routiers, comme l’entreprise Transport Philippe Day, à Nouvelle.

« C’est sûr que là, Temrex n’a plus le train, on a un surplus. C’est environ 40 voyages par semaine en train. Donc là c’est sur qu’il faut les faire par camion. C’est sur que c’est un surplus d’ouvrage. C’est très bon. On ne veut pas le malheur des autres, mais c’est correct », fait valoir Sébastien Bernard.

Mais même chez Philippe Day, on doit demander de l’aide et augmenter la flotte pour réussir à répondre à cette demande. Et comme tous ceux qui subissent les conséquences de cette impasse, on ne sait pas pour combien de temps on devra suivre cette cadence.

« On suit l’actualité comme tout le monde. On espère un dénouement le plus rapidement possible », conclut Éric Dubé.

Pour le moment, les manifestants de Listuguj n’ont pas l’intention de plier bagage. Tous s’entendent pour dire que la balle est dans le camp du gouvernement fédéral.