Bassin d’épuration : le Musée maritime dit non aux Éboulements
Publié le 24 septembre 2025 à 16:31, modifié le 25 septembre 2025 à 10:27
La Municipalité des Éboulements gèle temporairement toute construction sur un lot de Saint-Joseph-de-la-Rive pour y implanter éventuellement un bassin d’épuration. Il se situerait sur le terrain du Musée maritime de Charlevoix, qui s’y oppose catégoriquement.
Pour mettre aux normes le traitement des eaux usées à Saint-Joseph-de-la-Rive, la municipalité a planché sur deux options, mais qui coûteraient 2 000 $ annuellement par unité. Une troisième possibilité, un bassin de décantation dans le parc du Musée maritime, serait beaucoup moins coûteuse.
« On est encore au préliminaire, mais pour pouvoir aller travailler ce dossier-là, on est allé mettre une réserve publique pour pouvoir geler le terrain pour les quatre prochaines années », explique la maire des Éboulements, Emmanuel Deschênes.
Mais l’institution muséale s’y oppose farouchement. Un bassin dénaturerait la valeur et la vocation patrimoniale et touristique du site.
« Pour nous, ce musée-là, qui est un lieu de mémoire, qui raconte l’histoire des bâtisseurs de goélettes, c’est un lieu sacré. Alors on voit mal l’idée de saccager entre guillemets un lieu sacré comme celui-là », soutient Claude Lafleur, président du c.a. du Musée maritime de Charlevoix.
La municipalité agit en toute légalité, mais si elle va de l’avant, le musée est prêt à tous les recours. « Une mobilisation assez importante, entre autres de communication avec les ministères de l’environnement, des affaires municipales, également le ministère du patrimoine au Canada. En tout et partout, nous avons investi 15 millions $, pas pour servir de décor à bassin de décantation », lâche Claude Lafleur.
Le maire Deschênes veut être rassurant. Il s’agit simplement d’une protection et la municipalité cherche d’autres solutions. « C’est la dernière option. Je ne veux pas aller là, au même titre que je ne veux pas d’usine de traitement des eaux à l’entrée de Saint-Joseph-de-la-Rive, à l’entrée des quais. Ça viendrait défigurer le paysage à tout jamais », affirme-t-il sans détour.
Le Musée maritime de Charlevoix reste l’un des lieux culturels les plus fréquentés de la région. Il a d’ailleurs battu son propre record cette saison avec plus de 37 000 visiteurs.