Baie-des-Chaleurs: les caisses libre-service toujours introuvables dans les magasins de détail
Publié le 22 août 2025 à 20:39, modifié le 23 août 2025 à 08:05
Par: Patrick Giguère
Préférez-vous la technologie…ou le contact humain pour régler vos achats? Un peu plus de dix ans après leur implantation, les caisses libre-service divisent toujours, du moins, dans la Baie-des-Chaleurs. Elles brillent aussi par leur absence dans les magasins de détails.
C’est depuis l’automne 2019 que ces machines qui nous permettent de payer nos courses de manière autonome ont commencé graduellement à fait leur apparition dans les chaînes d’alimentation de la Gaspésie.
« Les gens nous disaient : vous allez enlever des emplois. Mais, non, c’est pour répondre davantage mieux au service à la clientèle. Et on manquait de personnel à l’époque. Encore aujourd’hui c’est plus difficile le recrutement », admet la copropriétaire du IGA Arbour-Leblanc de Paspébiac, Nancy Arbour.
Au supermarché IGA de Paspébiac, environ 40% des transactions quotidiennes sont réalisées par les quatre caisses libre-service.
«L’avantage c’est que c’est plus rapide pour les clients. Le désavantage présentement je n’en vois pas vraiment», ajoute Mme Arbour en soulignant au passage que les vols à l’étalage ne sont pas plus fréquents avec le libre-service.«Il y a toujours une caissière pour superviser les clients», précise-t-elle.
Présentes dans les plus grandes chaînes de supermarché de notre région, les caisses libre-service séduisent certains clients par leur rapidité, mais elles suscitent aussi quelques petites frustrations.
«Ça va plus vite, j’aime mieux le libre-service», indique une cliente du supermarché.
« Je ne suis pas réticente du tout. Si c’était plus facile d’utiliser les caisses libre-service, je les utiliserais tout le temps», ajoute une autre rencontrée à New Richmond.
« Moi, je serais pour avoir plus de caissière pour maintenir le contact humain parce que ça s’en vient automatique partout où on va. On manque de contacts», laisse tomber une femme.
« Je passe à la vitesse que je veux, ça donne la chance aux autres qui ont d’autres paniers de passer à des caisses où il y a des caissières», mentionne un consommateur.
Dans la Baie-des-Chaleurs, les caisses automatisées sont toujours omniprésentes dans les magasins de grande surface et restaurants.
Chez BMR Groupe Cormier, bien qu’on vient de réaménager le secteur des caisses à la succursale de New Richmond, les caisses automatiques a été écartée des plans.
« Les commandes des clients peuvent être compliquées dans notre section. Par exemple, quelqu’un qui veut placer une commande de matériaux, il doit être conseillé et la commande doit être préparé par un commis. (…) On pensait que ça serait mieux de continuer d’offrir le conseil et le service aux clients», fait savoir la propriété des lieux, Isabelle Cormier.
« Je ne pense pas qu’il y aurait du négatif là-dedans, mais c’est sûr que d’avoir des caisses libre-service ça enlèverait peut-être des heures aux employés et aux étudiants parce que ce sont les clients qui se servent eux-mêmes», croit la gérante du magasin Hart de Paspébiac, Stéphanie Allaire.
De son côté, le PDG du Conseil québécois du commerce de détail souligne aussi que de plus en plus de stations d’essence offrent maintenant le paiement à la pompe.
Le coût de cet appareil doit aussi en valoir la chandelle.
Le métier de caissière n’est pas prêt de disparaître, selon Damiel Silès.
« On voit en Europe des épiceries et des groupes qui ont décidé de réduire le nombre de caisses automatiques pour remettre des caisses humaines, pour justement être capable de renouer avec leurs clients. C’est une tendance qui se généralise», ajoutant au passage que le métier de caissière est en évolution.
«Même s’il y a dix caisses rapides, il va tout le temps avoir une ou deux caissières pour surveiller.»