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Après une importante éclosion, la vie reprend tranquillement au Manoir Héritage

Publié le 9 juin 2021 à 18:23, modifié le 10 juin 2021 à 12:30

Par: Guillaume Cotnoir Lacroix

L’heure est au bilan au Manoir Héritage de Trois-Pistoles. L’éclosion de COVID-19 au aura finalement coûté la vie à quatre personnes, en plus d’infecter 38 usagers et 12 travailleurs.

Les effets pervers des mesures sanitaires sont décriés par une femme qui préfère garder l’anonymat. Sa mère, une personne âgée, a dû changer chambre au Manoir Héritage après avoir contracté la COVID-19.

« 4-5 jours de plus à l’étage plus haut, elle y passait. Elle ne mangeait plus et elle ne se soignait plus », lance-t-elle.

Selon ses dires, sa mère la suppliait de retourner dans son unité de logement. C’est finalement après une plainte logée au CISSS du Bas-Saint-Laurent qu’elle a pu retourner à sa chambre.

« J’ai dit ma mère, elle va mourir et après ça vous allez dire qu’elle est morte de la COVID. Je m’excuse, elle est pas morte de la COVID si elle meurt. Elle est morte d’avoir été sortie de son endroit, d’avoir été coupée de tout son monde », poursuit-elle.

Bien qu’elle comprend la situation dans laquelle étaient plongés les dirigeants du Manoir Héritage, elle estime que sa mère n’a pas eu les services adéquats pendant l’éclosion. « Il y a des repas qu’elle n’avait pas eus, j’ai été obligée de rappeler et la Villa ne répondait pas. Il fallait faire 50 000 appels pour avoir une réponse, monter un repas à ma mère », ajoute sa fille.

Le propriétaire de l’établissement, Éric Duchesne, répond que son équipe communiquait de façon fréquente avec les familles. Il ne cache pas que des repas ont pu être livrés en retard. Les cas de COVID-19 se sont accumulés chez les employés, d’autres ont simplement décidé de ne pas se présenter au travail par crainte de l’attraper.

« Le personnel qui était supposé de s’occuper des verts, des rouges (les zones chaudes et froides), bien là il faut se réorganiser. Ce sont tous des enjeux aussi. Au niveau du personnel, un exemple bien mon cuisinier a été en contact avec quelqu’un qui avait la COVID. Dans ce temps-là, la santé publique les retire », explique-t-il.

À la suite du départ en isolement de ce cuisinier, un traiteur de Rimouski a pris la relève pour nourrir les usagers, mais les repas sont arrivés après l’heure habituelle des usagers lors de la première journée. Une situation qui s’est replacée par la suite.

Si les résidents ont vécu des moments difficiles, isolés dans leurs chambres pendant plusieurs semaines, les familles des usagers et le propriétaire sont eux aussi émotifs en évoquant les dernières semaines.

« Tu vis de l’inquiétude, de l’incertitude et de l’inconnu. Tu ne sais pas si tes employés vont l’attraper, tu ne sais pas si tes résidents vont l’attraper. Tu ne sais pas le nombre de fatalités que tu vas avoir. Si tu as des employés qui attrapent la COVID, qui va s’occuper de tes résidents? » – Éric Duchesne, propriétaire du Manoir Héritage

La femme rencontrée aujourd’hui peinait à retenir ses larmes.

« J’ai vécu le sentiment d’enfer d’un appel au secours auquel tu ne peux pas répondre », a-t-elle ajouté. Sa mère est depuis débarrassée du virus. Au Manoir Héritage, la vie peut maintenant reprendre tranquillement.