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Aide aux autistes : réactions mitigées

Publié le 30 janvier 2018 à 16:31, modifié le 30 janvier 2018 à 16:31

Par: Karyne Boudreau

Québec confirmait hier des investissements de quelques 500 000 $ sur cinq ans en Gaspésie et aux Îles-de-la-Madeleine pour améliorer les services rendus aux autistes et à leurs familles. Pour les parents concernés, l’argent annoncé est un pas dans la bonne direction, mais sera bien loin de suffire pour répondre aux besoins immenses des familles.

« C’est une goute d’eau dans une mer de besoins », lance Lisa Guerette au lendemain de cette annonce faite par le député Germain Chevarie aux Îles-de-la-Madeleine.

La dame est la mère d’Aquila. Son fils a reçu un diagnostic d’autisme à 5 ans. Il en a aujourd’hui 16. Le système, les attentes et les besoins, elle connaît. Elle affirme que les investissements annoncés hier par Québec sont nettement insuffisants.

« On a des enfants qui ont de grandes difficultés et on a une petite poussée de plus, mais quand on regarde l’océan de besoins qui est là, la croissance du nombre de diagnostics, c’est si peu », précise Mme Guérette.

La dame n’est d’ailleurs pas la seule à s’inquiéter.

« À première vue, il faudra déjà envisager d’autres fonds », explique Nadège Miguet, directrice de l’organisme Autisme de l’Est-du- Québec.

La maman d’Aquila est d’autant plus inquiète que le passage à l’âge adulte de son fils passionné de Lego arrive à grands pas.

« Il y a une réelle problématique autour de l’âge de 21 ans, avec une rupture de services et de prise en charge », dit Mme Miguet.

« Une fois qu’ils ont terminé leur scolarité… Les adultes autistes ne disparaissent pas. On a besoin d’aide aussi », ajoute Mme Guérette.

Autisme de l’Est-de-Québec se réjouit par ailleurs de voir le gouvernement prendre des actions pour réduire le temps d’attente avant le diagnostic, de même qu’entre le diagnostic et la prise en charge, ce que salue aussi la maman d’Aquila.

« Parce que cette période là est extrêmement stressante. De voir ton enfant en crise, de pas savoir ce qu’il a, c’est extrêmement stressant pour l’enfant et pour les familles », dit Lisa Guérette.

La dame se réjouie aussi du fait que le plan d’action vise à offrir un intervenant pivot pour chaque enfant.

« Moi avant de commencer ça je ne savais pas la différence entre un ortho, un pédago, un ergo, un je ne sais pas trop (…) on a besoin de quelqu’un qui nous aide à naviguer dans le système, parce que ça fait beaucoup de papiers…»

Madame Guérette voit finalement l’annonce d’hier, à tout le moins comme une prise de conscience de la société québécoise.

« J’ai l’impression qu’on est en train d’évoluer dans notre compréhension de l’autisme et on va arriver avec le temps à proposer une aide qui est plus spécialisée, plus adaptée pour leurs besoins », conclut-elle.